Les premiers coups de cisailles dans les barbelés

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Les premiers coups de cisailles dans les barbelés
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Les premiers coups de cisailles dans le "Rideau de fer" ont été portés par des gardes-frontières hongrois le 2 mai 1989 à la périphérie du village de Fertörakos, sur la frontière avec l'Autriche. Imre Csapo, l'un d'entre eux, relate les derniers jours de ces barbelés de la honte.

Jusqu'à cette première brèche, il avait été chargé pendant 23 ans de surveiller les moindres faits et gestes le long de cette frontière quasi imperméable entre l'Est et l'Ouest. Lors de ses patrouilles de surveillance, Imre Csapo assistait en moyenne à un peu plus d'une vingtaine de tentatives de fuite par an.

"Les gens essayaient de passer entre les fils barbelés, creuser pour se faufiler en-dessous ou passer au-dessus par des échelles pour accéder au monde libre" le long de ces 356 km de grillage muni d'un système d'alarme électrique activé dès que quelqu'un tentait de le franchir, raconte ce retraité de 60 ans. Les fils de barbelés horizontaux n'étaient d’ailleurs pas particulièrement tendus pour céder sous le poids des dissidents et déclencher ainsi inévitablement le signal d'alarme pour les patrouilles.

"Il y avait des gardes partout, à pied, en voiture et même à vélo, interrogeant tous les individus qui demandaient la permission d'entrer dans la zone" le long des barrières métalliques, ajoute-t-il.

Mais quand le 2 mai 1989, on ordonne aux garde-frontières d’entamer la clôture, c’est la course vers la liberté. "Les Allemands de l'Est ont entendu je ne sais comment que la frontière serait ouverte pour quelques heures pour les Autrichiens et les Hongrois" à cette occasion-là et ont tout laissé derrière eux pour se ruer vers la frontière, raconte un ancien collègue d'Imre Csapo, Erno Ambrus.