Les médias toujours pas Black-Blanc-Beur

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Les médias toujours pas Black-Blanc-Beur
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Le Club Averroes déplore une "régression" de la représentation des minorités dans l'audiovisuel dans un rapport publié mardi.

Harry Roselmack, Audrey Pulvar ou encore Aïda Touhiri. Ils refusent l'étiquette de "quota" de la population noire ou maghrébine. Et pourtant ils sont presque leurs seuls représentants à la télévision. Le constat n'est guère plus brillant en radio ou dans la presse écrite.

C'est la conclusion pessimiste du club Averroes, qui lutte pour la promotion de la diversité dans les médias français. Selon lui, malgré un discours volontariste, chaînes de télé, radios et journaux ont continué en 2009 à ignorer la question.

Tant sur le plan des recrutements que des contenus des programmes, "l'année 2009 ne marque pas une pause mais une régression", fustige le quatrième rapport annuel du club Averroes. "Cette fois, l'argument massue qui nous est tombé sur la tête : les caisses sont vides, impossible d'embaucher et de poursuivre l'effort en direction des minorités visibles : 'ce n'est pas une priorité'!".

La chaîne cryptée Canal+ remporte les félicitations du club Averroes et la palme du meilleur élève. Sur toutes ses émissions en clair, il y a des minorités devant et derrière la caméra. La fiction chez Canal+ est également une référence, avec des programmes mettant en scène la diversité "sans tabous, sans angélisme excessif ou clichés outranciers".

Cependant globalement, le rapport rejoint les résultats du premier baromètre sur la diversité du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) publié en octobre, montrant une faible représentativité des non-blancs à la télévision. Les minorités ne représentent qu'une personne sur dix à l'écran, et elles sont très souvent cantonnées aux rôles secondaires, a montré ce baromètre.

Selon le rapport Averroes, TF1, première chaîne française en terme d'audience, semble "avoir malheureusement abandonné toute ambition" dans le domaine de la diversité "depuis des années". Cette question est également "loin des préoccupations" de France Télévisions.

Le bilan n'est pas meilleur pour les nouvelles chaînes. "Nous nous retrouvons devant une TNT qui reproduit, en matière de diversité, des schémas identiques à ceux appliqués par les télévisions hertziennes dans le passé : une vision uniforme de la société qui déterminait les politiques de recrutement des personnels exposés à l'antenne", selon le rapport. Or ces nouvelles chaînes avaient signé en 2008 une convention visant à promouvoir la diversité.