Les Hongrois perplexes face à l’ouverture à l’Ouest

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Les Hongrois perplexes face à l’ouverture à l’Ouest
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La disparition du "Rideau de fer" a représenté une chance historique pour le pays, lui permettant de "recouvrer son espace naturel en Europe centrale. Tous les Hongrois se félicitent aujourd’hui de l'ouverture des frontières et de la nouvelle liberté ainsi gagnée. Pourtant, seule une minorité d’entre eux estime avoir tiré profit de l'entrée du pays dans l'Union européenne (UE).

Les plus pessimistes pensent qu'ils n'atteindront jamais le niveau de vie de l'Europe de l'ouest. Selon le dernier sondage de l'Eurobaromètre, publié à Budapest en février, seuls 31% des Hongrois pensent que l'adhésion à l'UE il y a cinq ans est une bonne chose, alors que ce chiffre était au-dessus des 50% en 2004.

"L'Europe forte économiquement, unie vue de l'extérieur, mais en réalité avec de multiples facettes, est encore très loin de nous", déclare pessimiste Zoltan Borgulya, 36 ans, entrepreneur en travaux publics. Maria Bodnar, une anthropologue de 32 ans, soutient tant bien que mal l'adhésion. Et si d'un côté elle craint que l'héritage culturel hongrois se dilue au sein de l'UE, elle admet que "la société hongroise est devenue un peu plus ouverte depuis 2004".

Néanmoins, la corruption locale noircit le tableau: "Parmi mes collègues et amis, personne ne sent les bénéfices des fonds communautaires ... sauf ceux qui gagnent, mais ces derniers doivent reverser la moitié des fonds obtenus à des fonctionnaires corrompus", explique Istvan Gyure, un expert en informatique de 30 ans.

Mais l'avantage incontesté et qui fait l'unanimité est sans nul doute la disparition des frontières, la Hongrie ayant intégré l'espace Schengen fin 2007.