Les Français de plus en plus "durs" avec les pauvres

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Les Français de plus en plus "durs" avec les pauvres
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LA BASCULE – Désormais, un Français sur deux porte un regard sévère sur les chômeurs et les bénéficiaires de minimas sociaux.

Vis-à-vis des plus modestes, la bienveillance des Français a fait place à la défiance. C'est ce qui ressort d'une étude du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc) dévoilée par 20 minutes et à laquelle Europe 1 a également eu accès avant sa parution. Explications.

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L'opinion divisée. "Jusqu'en 2008, le regard des Français sur les plus démunis se partageait entre deux-tiers de 'compatissants' et un tiers de 'critiques', désormais c'est 50/50",  a expliqué à Europe1 Régis Bigot, l'auteur de l'étude qui dirige le département Conditions de vie et aspirations au Crédoc.

Pourquoi cette bascule en 2008 ? Inédit, ce "durcissement" de l'opinion depuis 2008 peut s'expliquer par plusieurs facteurs, selon Régis Bigot : la crise et l'impression pour les classes moyennes de ne plus arriver à joindre les deux bouts et d'évoluer dans un système "injuste", bien sûr, mais aussi le discours politique ambiant durant la législature de Nicolas Sarkozy.

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Les aides aux familles modestes, sujet sensible. A croire l'étude, les Français semblent de plus en plus sceptiques quant au modèle social de l'Etat-Providence. La "crispation" est particulièrement spectaculaire concernant les aides à apporter aux familles modestes. Relativement stable jusqu'en 2009, l’opinion s’est entièrement retournée entre 2008 et 2014. Désormais, les Français sont 63% à estimer que « les aides aux familles qui ont des enfants sont suffisantes ». En 2008, ils n'étaient que 31% à penser ainsi.

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Les plus riches divisent aussi. "D'autres indicateurs attestent d'une opinion plus ouverte au libéralisme", relève Régis Bigot. Ainsi, si 71% des Français souhaitaient une plus grande redistribution des richesses en 2012, ils ne sont plus que 55% à le vouloir en 2014.  Là encore, le contexte politique n'est pas étranger à cette volatilité de l'opinion et, en l'occurrence, l'arrivée de la gauche au pouvoir.