Les étudiants-infirmiers craignent pour leurs stages

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Les étudiants-infirmiers craignent pour leurs stages
Chaque année, les cliniques accueillent environ la moitié des étudiants infirmiers en stage.@ MAXPPP
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Pour faire pression sur le gouvernement, les cliniques menacent de ne plus les accueillir d’ici le 1er mars.

L’INFO. “Une prise d’otages”, c’est de cette manière que Marisol Touraine, la ministre de la Santé, qualifie la situation actuelle. Environ 7.000 étudiants infirmiers pourraient être privés de stage par les cliniques françaises, et donc échouer leur scolarité. La Fédération hospitalière privée entend en effet faire pression sur le gouvernement qui souhaite faire baisser les tarifs de la santé privée. L’exécutif s’est engagé à ce que tout le monde puisse effectuer son stage.

Les cliniques font pression. A l’origine du conflit, les hôpitaux privés veulent faire pression sur le gouvernement. Ils veulent remettre en cause la volonté de ce dernier de faire baisser les tarifs des hospitalisations privées. “Cela fait deux ans que l’on explique à la ministre Marisol Touraine que l’intérêt collectif voudrait qu’elle traite les hospitaliers publics ou privés de la même manière”, se défend Jean-Loup Durousset, le président de la Fédération hospitalière privée (FHP).

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Il faut dire que les cliniques ont dans leurs mains un levier de pression important. Tous les ans, elles accueillent 35.000 des 90.000 étudiants infirmiers de France. Selon le président de la FHP, 820 des 1.100 établissements privés suivent le mouvement. “Ce qu’on dit aux étudiants, ajoute-t-il, c’est ‘si vous êtes en stage chez nous, vous restez, si vous devez commencer votre stage à partir du 1er mars, vous ne viendrez pas chez nous’”.

Des manifestations spontanées. En réaction, mercredi, un peu partout en France, la colère a grondé dans les rangs des étudiants infirmiers. A Lille, une manifestation spontanée a réuni plus de 200 élèves en milieu de journée.



Déjà en début de semaine, plusieurs rassemblements s’étaient formés un peu partout en France comme à Tours. Il faut dire que les étudiants infirmiers craignent pour leur avenir professionnel. “On est sur la sellette. Ce que je risque, c’est de me retrouver sans validation de mon semestre d’enseignement”, explique Claude-Emmanuel, étudiant en 2ème année, au micro d’Europe 1.



Selon la fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (FNESI), plusieurs milliers de futurs soignants pourraient être privés de stages ou obligés de les réaliser dans de mauvaises conditions. “Notre inquiétude est grande pour les étudiants qui risquent de se retrouver avec des stages à 5, 6, 7, 8, 10, au détriment de la qualité pédagogique”, a détaillé Karina Durand, la présidente de la FNESI.

Tout le monde sera satisfait. Face à la gronde des étudiants, la ministre Marisol Touraine s’est montrée rassurante mercredi. Elle s’est engagée à ce que tout le monde puisse effectuer un stage tout en déplorant “fermement” une “prise d’otage” des élèves infirmiers.

La Fédération hospitalière de France (FHF), les hôpitaux publics, s’est de son côté déclarée prête à accueillir les stagiaires. “Aucun étudiant ne sera laissé sur le bord du chemin”, a assuré Frédéric Valletoux, son président.

La question des conditions de stage reste néanmoins entière surtout si les 90.000 étudiants doivent les réaliser dans les services publics. La FNESI n’a d’ailleurs pas dit son dernier mot et n’exclut pas de lancer un appel pour une prochaine manifestation nationale à Paris.

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