09/10/2017 - 16h33

Les deux principaux syndicats étudiants à Matignon pour parler de l'accès à l'université

© MARTIN BUREAU / AFP

Les deux principaux syndicats étudiants, la Fage et l'Unef, ont été reçus lundi par le Premier ministre Édouard Philippe pour parler des modalités d'accès à l'université, une discussion qu'ils ont trouvée plutôt "ouverte" et "constructive". Depuis la mi-juillet, des groupes de travail planchent sur de nouvelles modalités pour l'entrée dans l'enseignement supérieur. Objectif : améliorer la réussite des jeunes en début de parcours et remettre à plat l'accès à l'université, alors que le dispositif d'admission post-bac APB a explosé cette année sous l'effet d'un afflux de demandes.

"Ne pas imposer une orientation ou une filière". Le gouvernement veut notamment mettre fin au tirage au sort, seul dispositif autorisé pour départager les candidats aux filières non sélectives très demandées. Or les avis divergent profondément sur les moyens. Certains, tels que les présidents d'universités, veulent des critères coercitifs pour l'entrée en licence. D'autres, comme l'Unef, ne veulent pas entendre parler de pré-requis et encore moins de sélection. Devant le Premier ministre, "on a répété notre volonté qu'il ne fallait pas imposer une orientation ou une filière à un étudiant", a expliqué Lilâ Le Bas, la présidente de l'Unef. Elle a jugé la discussion, qui s'est tenue en présence de la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal, "plutôt ouverte". "Toute la question est de savoir qui choisira à la fin. Est-ce que l'étudiant sera toujours maître de son inscription, ou bien l'université ? On n'a pas eu de réponse ferme la dessus", a-t-elle dit.


"Pas de sélection, pas de prérequis". De son côté, Jimmy Losfeld, président de la Fage, premier syndicat étudiant, également reçu à Matignon dans la matinée, a parlé d'un "échange d'une heure assez constructif, honnête et sincère". Interrogé par le Premier ministre sur ses "lignes rouges" à ne pas dépasser, il a indiqué avoir été "extrêmement ferme" : "pas de sélection, pas de prérequis". "Pas par dogme, mais parce que cela pénaliserait un certain nombre de jeunes", a-t-il expliqué. Il a insisté sur les besoins d'une "réforme globale" qui soit liée à celle du bac et du lycée et qui permette "un droit à la formation" pour tous. Les propositions du gouvernement sont attendues le 19 octobre et le gouvernement présentera son projet début novembre.