Les classes de niveaux, une pratique interdite mais qui persiste

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Les classes de niveaux, une pratique interdite mais qui persiste
Des écoliers nantais. @ AFP
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ETUDE EMBARRASSANTE - Répartir les élèves dans les classes en fonction de leur niveau, une pratique interdite mais qui reste très prisée par les établissements scolaires. 

Les bons d’un côté, les mauvais de l’autre. Les établissements scolaires ont interdiction de répartir les élèves dans les classes en fonction de leur niveau. Pourtant, la pratique existe et elle est même très répandue. Pour la première fois, une étude des chercheurs du conseil national d’évaluation du système scolaire (le CNESCO) a quantifié le phénomène. Et elle révèle que près de la moitié des collèges compose leurs classes en fonction du niveau des enfants.

La sélection par les options. Cette sélection des élèves s'opère d’abord grâce aux options. Dans 60% des cas, ce sont, en effet, le latin ou l’option langue vivante qui permettent de constituer une classe de bons élèves. L’étude révèle ainsi que "la ségrégation scolaire triple entre la classe de 6ème et la classe de 1ère" du fait de la multiplicité des options qui sont proposées tout au long du parcours de l’élève.

Une "chance" pour les bons élèves ? Si cette pratique est certainement un frein pour les élèves en difficulté, ne pourrait-on pas dire, de manière cynique, qu’elle est crée un environnement favorable pour les bons élèves. La réponse est négative car cette politique aura des effets sur le long terme. En effet, tous les pays du monde recommandent de mixer les classe, entre bons, moyens et plus faibles car les classes de niveaux fracture la société. Une non-mixité qui fait tomber la France dans les classements internationaux comme PISA.

La réforme du collège, une bonne idée pour casser ces classes de niveaux ? Supprimer les options pour arriver à une meilleure mixité sociale dans les classes, c’est l’ambition de la réforme du collège et de la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem. Mais selon les chercheurs du CNESCO, cela ne suffira pas. En cause : la pression des parents. Ces derniers continueront à tout faire pour que leur enfant se retrouve dans une bonne classe. Une position assez naturelle finalement mais qui a des conséquences avec cette fameuse ségrégation scolaire. Elle est ainsi particulièrement marquée en région parisienne, dans le Nord de la France et dans les agglomérations de Lyon et Marseille.