Les avocats de Villepin plaident sa relaxe

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Les avocats de Villepin plaident sa relaxe
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18 mois de prison avec sursis ont été requis mardi contre l’ancien premier ministre, prévenu dans l’affaire Clearstream.

Les avocats de Dominique de Villepin ont plaidé mercredi sa relaxe devant le tribunal correctionnel de Paris au procès d'une manipulation menée avec de faux listings de comptes bancaires de Clearstream.

Luc Brossolet et ses trois confrères ont d’abord brocardé la "schizophrénie" des accusations contre leurs clients. Ils ont estimé que l’ancien premier ministre a été piégé par "le tri" sélectif entre les mensonges et les vérités servis par les prévenus Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud, et le général Rondot, témoin essentiel.

Selon l'ordonnance des juges d'instruction, a rappelé Luc Brossolet, "Jean-Louis Gergorin ment continûment au général Rondot". "Toujours ? Pas tout à fait, il arrive parfois à Jean-Louis Gergorin de dire la vérité : quand cela? C'est assez simple, (...) voire même simpliste", a résumé l'avocat : "Gergorin ne dit jamais la vérité, mais il la dit quand même quand il s'agit de mettre en cause Dominique de Villepin".

Idem avec Imad Lahoud, "l'homme qui ment tout le temps sauf quand il met en cause le ministre", a-t-il assuré. L'avocat s'attèle ensuite au plus gros morceau : le général Philippe Rondot et ses bien dérangeantes notes. Le militaire serait "le témoin dont les notes disent toute la vérité", a-t-il mentionné, mais pourtant pour l'accusation, "il ment une seule fois", "quand il affirme n'avoir jamais vu Dominique de Villepin entre le 9 janvier et le 19 juillet 2004, parce qu'il faut absolument qu'il ait fait part de ses doutes au ministre, sinon l'accusation ne tient pas".

"Nous sommes plus loin que la caricature !", a dénoncé Me Brossolet. "L'accusateur le plus efficace, ce sera toujours le fantasme. Voilà la schizophrénie avec laquelle on bâtit l'accusation de celui qui comparaît devant vous".

C'est "un dossier que l'on a construit à rebours : on part du mobile pour arriver au départ", a renchérit Olivier Metzner, considéré comme un des meilleurs spécialistes français de la procédure. "On a une cible, on en déduit l'origine, on essaie de tracer un fil entre les deux, de créer ce lien de culpabilité à l'égard de Dominique de Villepin. Et le mobile suffit en soi, c'est la preuve de sa culpabilité", a ajouté l'avocat.

Pour le ténor du barreau, dont la plaidoirie était très attendue, Nicolas Sarkozy n'est "pas une partie civile comme les autres" dans cette affaire. Il dispose en effet, dit-il, du soutien du secrétaire général de l'Elysée et de celui du conseiller Justice de l'Elysée. "Une fois que la justice rendue", il continuera à pouvoir "nommer les magistrats qui ont jugé et les procureurs qui ont requis", conclut-il.

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