Les anti-IVG déposent le nom de domaine "simoneveil.com" pour faire parler d'eux

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Les anti-IVG déposent le nom de domaine "simoneveil.com" pour faire parler d'eux
Le collectif Les Survivants a également détourné l'image de Simone Veil pour la prendre en bannière de ses sites et comptes sur les réseaux sociaux.@ Capture d'écran
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Alors qu'un hommage national a été rendu mercredi à l'ancienne ministre de la Santé, le collectif Les Survivants a attendu ce jour précis pour mettre en ligne leur site anti-avortement. 

Cinq jours après la mort de Simone Veil, l'association anti-avortement Les Survivants a activé, mercredi, un site appelé simoneveil.com. Un site apparu moins de deux heures après l'hommage national rendu à l'ex-ministre de la Santé, porteuse, en 1974, de la loi dépénalisant le recours à l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Selon Le Parisien, le collectif a déposé le nom de domaine en septembre 2016, du vivant de Simone Veil et a attendu la mort de l'ancienne femme politique pour l'activer.



Simone Veil ,"une femme trahie". L'association a mis en ligne un webdoc intitulé Forever qui s'attache à délivrer "la vérité sur Simone Veil", dépeignant ainsi une "femme trahie dans ses intentions", "puisque sa loi n’existe plus tant elle a été modifiée et parce que la légalisation de l’avortement n’a pas amélioré la santé des femmes bien au contraire", relève StreetPress. En septembre dernier, le site publiait d'ailleurs un portrait du responsable des Survivants, Émile Duport, chef de file des militants anti-IVG. StreetPress rappelle aussi que depuis des années, l'association livre une "guérilla numérique" contre le Planning familial, conduisant notamment l'ancienne ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes Marisol Touraine, à faire voter le délit d'entrave numérique à l'avortement.  

Une récupération dénoncée sur Twitter. Considérée comme nauséabonde, cette récupération de la mémoire de Simone Veil, dont Emmanuel Macron a annoncé l'entrée au Panthéon, a largement été dénoncée mercredi sur les réseaux sociaux.







"On espère que sa famille ne sera pas blessée". Au Parisien, Émile Duport se félicite d'un "troll magistral", précisant que l'image de l'ex-déportée a été partagée plus de 50.000 fois sur les réseaux sociaux. "On avait d'abord pensé l'interviewer, mais on savait qu'elle était souffrante et on ne voulait pas instrumentaliser une personne âgée", explique-t-il. "On s'est alors lancés dans ce projet et on a attendu sa mort pour lancer un premier visuel hommage sur les réseaux sociaux". Interrogé sur la pertinence du nom de domaine choisi pour le site, Émile Duport se justifie : "Elle était au centre des débats de son vivant, il n'y a aucune raison qu'elle ne le soit pas après sa mort". "Comme sa personne et sa loi ont été utilisées par certaines personnes, on sait que l'on va être accusés nous-mêmes de l'instrumentaliser. Nous, on espère que sa famille ne sera pas blessée".