Les adolescents plébiscitent le cannabis plutôt que le tabac

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Les adolescents plébiscitent le cannabis plutôt que le tabac
@ ROBYN BECK / AFP
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Le cannabis, "moins cher et presque aussi facile à trouver en pratique" selon les jeunes interrogés, est perçu comme "un produit naturel, bio, moins chimique". 

Aussi accessible que le tabac, mais jugée "meilleure au goût", moins "dangereuse" et "plus saine", l'herbe de cannabis a une image positive et "dédramatisée" auprès des adolescents, selon une étude de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publiée mardi.

L'image "résolument négative" du tabac. "L'initiation au cannabis est vécue comme une expérience positive, contrairement à la première cigarette", a expliqué Ivana Obradovic, directrice adjointe de l'OFDT et auteure de l'étude menée entre 2014 et 2017 auprès d'un échantillon représentatif de 200 jeunes âgés de 13 à 18 ans. Cette génération d'adolescents, qui a grandi avec l'interdiction de la vente de cigarettes aux mineurs et sa consommation dans les lieux publics, associe au tabac une image "résolument négative", liée à "la mort et la souffrance", note l'étude. 

Une baisse du tabac due aussi au prix. Cette "dénormalisation massive du tabac" auprès des collégiens et lycéens, qui ne fait plus de la cigarette "un passage obligé" de la sociabilité, s'est accélérée avec la hausse de son prix depuis le début des années 2000, souligne Ivana Obradovic. Le cannabis, "moins cher et presque aussi facile à trouver en pratique" selon les jeunes interrogés, est perçu comme "un produit naturel, bio, moins chimique" sous forme d'herbe, laquelle est "plus rassurante en terme de composition" que la résine, qualifiée de "pneu" ou de "dégueulasse", poursuit l'auteure.

L'étude, qui souligne "l'omniprésence" de l'alcool, du tabac et du cannabis dans l'entourage des jeunes, s'est également penchée sur le facteur religieux, notamment chez les jeunes musulmans, face à la multiplication des incitations à consommer ces substances psychoactives. "Pour certains, ces incitations sont trop fortes et ils développent des stratégies de dédoublement ou de minimisation pour garder à leurs yeux une image de respectabilité. Ils sont dans un vrai conflit intérieur", observe Ivana Obradovic.