L’école française a-t-elle encore des valeurs ?

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Françoise Laborde, la sénatrice (PRG) à l'origine du rapport remis au Sénat, rejette l'idée que les élèves musulmans sont stigmatisés.

INTERVIEW

Une commission d’enquête du sénat a rendu public, mercredi, son "au sein de l’école. Une idée lancée après les incidents dans les écoles liés à la minute de silence suite aux attentats de Charlie Hebdo. "Les règles liées à la laïcité demeurent incomprises des élèves, parfois enfreintes et souvent remises en question", souligne le rapport. Françoise Laborde, la sénatrice radicale de gauche à l'origine de ce rapport, était l'invitée d'Europe 1 jeudi matin.

Le constat du rapport est simple : des principes fondamentaux, comme la laïcité ou l'égalité filles-garçons, sont de plus en plus remis en question par les élèves : "oui, nous l'avons constaté dans les établissements où nous sommes allés. Nous avons aussi auditionné des philosophes, des enseignants".

"Quand on ne veut pas faire de vague, on se retrouve avec une cocotte-minute". Quant à l'existence d'un certain prosélytisme à l'école, cette ancienne professeur regrette que les chefs d'établissements préfèrent ne rien dire : "au moment de l'évaluation de leur établissement, ils ne veulent pas être pointés du doigt. C'est le syndrome du couvercle : surtout ne pas faire de vague. Sauf qu'à un moment, quand on ne veut pas faire de vague, on se retrouve avec une cocotte-minute.

"Ce sont Les Républicains qui ont demandé cette commission d'enquête". Depuis la publication du rapport, certains élus estiment que les élèves musulmans sont stigmatisés : "je ne suis pas d'accord. On stigmatise un certain nombre de problèmes. C'est vrai que ce rapport a été demandé après les événements de janvier dernier, et c'est peut-être un peu dommage, ça je ne peux pas le nier. Ce sont Les Républicains qui ont demandé cette commission d'enquête".

"Les profs font leur job". Interrogée sur le titre du rapport – "La perte des repères républicains" -, Françoise Laborde estime que "ce n'est pas très sympa par rapport aux profs. C'est le rapporteur qui l'a choisi. Les profs font leur job." Dans ce document, 20 mesures sont proposées pour remédier à ces problèmes dont, notamment, le retour de la blouse ou de l'uniforme, y compris pour les parents qui accompagnent les voyages scolaires : "à Toulouse, certains parents ont demandé un uniforme car ils en ont marre que les enfants fassent des concours de marque."

Une autre proposition fera débat : abaisser les allocations familiales pour les parents d'enfants trop absents : "cela a été un des éléments de discorde. C'est une reprise de la loi Ciotti et c'est quand même très violent. Je ne suis pas pour."