Le système Admission Post-Bac est-il vraiment efficace ?

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Depuis plusieurs semaines, les futurs bacheliers planchent sur leurs vœux d'orientation pour la rentrée prochaine. Seront-ils entendus ?

Avis aux élèves de terminale : c'est la dernière ligne droite pour choisir votre orientation. Ils ont jusqu'au 31 mai pour valider l'ordre de leurs vœux dans le système Admission Post-Bac (APC), le portail pour s'inscrire dans l'enseignement supérieur. Les élèves peuvent sélectionner jusqu'à 24 formations parmi 12.000 possibles. Mais dans dans quelle mesure ensuite ces vœux sont-ils respectés ? Et quelles sont les forces et les limites du système APB ? 

Un processus globalement efficace. Que les parents se rassurent : dans la majorité des cas, l'inscription dans le supérieur se passe bien. Pour Clothilde Hanoteau, spécialiste de l'orientation au magazine L'Etudiant, il n'y pas de stratégie cachée à connaître. "Globalement, il faut faire confiance à la procédure. La seule stratégie de classement reste de mettre en premier l'établissement que l'élève veut intégrer à la rentrée suivante", précise la journaliste. La machine fonctionne plutôt bien. L'an dernier, la grande majorité des bacheliers ont obtenu une place parmi les trois premières filières demandées. 62 % d'entre eux ont même vu leur premier vœu s'exaucer.

Des tirages au sort cette année encore. Toutefois, l'an dernier, certaines places à l'université ont été attribuées par tirage au sort, même lorsqu'il s'agissait d'un premier choix. Ce cas de figure devrait logiquement se reproduire cette année, mais le système APB n'y peut rien. Il s'agit là d'une question de démographie. Avec 40.000 étudiants supplémentaires cette année, des filières non-sélectives déjà surchargées (en psychologie, en sciences et techniques du sport, ou en droit parfois), le tirage au sort reste donc d'actualité. Il a d'ailleurs été légalisé récemment. 

Un millier de candidats de trop en Île-de-France. Cette année, le tirage au sort pourrait même être utilisé pour la première fois en médecine en Île-de-France. "On sait qu'aujourd'hui, en premier vœu en Île-de-France, il y a déjà plus de 8.750 candidats, ce qui fait déjà 1.100 de trop. Cela ne rentrera pas dans les capacités d'accueil des universités de la région", alerte Frédéric Dardel, président de l’université Paris Descartes. "S'il y a un tirage au sort, il risque d'y avoir des gens éliminés des études de santé alors qu'ils auraient pu réussir. C'est quelque chose sur lequel, aujourd'hui, en l'absence de prérequis, on n'a aucun moyen d'agir", déplore-t-il. 

Un bagage minimal de connaissance exigé ? Les prérequis, voilà la solution à la surcharge et à l’échec pour de nombreux présidents d'universités. Cela veut dire qu'on pourrait exiger que les étudiants possèdent un bagage minimal de connaissance pour s'inscrire dans telle ou telle filière (un bac S pour entrer en médecine, par exemple). Cela fait partie de la feuille de route de la nouvelle ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. Et elle le sait : ce dossier sensible pourrait faire descendre les étudiants dans la rue.