Le résistant qui avait livré le premier V1 à Londres est décédé

  • A
  • A
Le résistant qui avait livré le premier V1 à Londres est décédé
Jean-Paul Schlienger n'avait pas 15 ans lorsqu'il s'est engagé dans la Résistance.@ MIGUEL MEDINA / AFP
Partagez sur :

Jean-Paul Schlienger est décédé à l'âge de 91 ans. Il avait fait parvenir aux Anglais le premier exemplaire dérobé aux Allemands d'une de ces bombes volantes qui ont ravagé Londres en 1944.

Héros de la résistance, condamné à mort deux fois durant l'Occupation, Jean-Paul Schlienger, 91 ans, est décédé, a annoncé l'Institution nationale des Invalides (INI) dont il était pensionnaire, dans une annonce parue lundi dans le Figaro. Jean-Paul Schlienger a été l'homme qui fit parvenir aux Anglais le premier exemplaire dérobé aux Allemands d'un V1, ces bombes volantes qui ravagèrent Londres à l'été 1944.

Résistant avant ses 15 ans. Né le 4 septembre 1925 à Paris, il n'avait pas quinze ans lorsqu'il s'engagea dans la Résistance après avoir entendu l'appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle. Après deux ans à diffuser la presse clandestine de la Résistance à Paris, il avait rejoint en septembre 1942 les Forces françaises Libres au sein du Bureau central de renseignement et d'action, en se vieillissant d'un an pour pouvoir s'engager.

A partir de l'été 1943, sa quête de renseignements militaires porta sur les premières constructions allemandes des côtes de la Manche destinées au lancement des fusées allemandes V1. Avec son équipe de 72 personnes, il parvint l'année suivante à dérober un V1. L'engin, désossé, fut acheminé, trois semaines avant les premiers lancements de V1, vers la Grande-Bretagne qui en avait déjà reçu une description détaillée par un autre Français, Michel Hollard.

Torturé pendant dix jours. Condamné à mort par contumace par Vichy, Jean-Paul Schlienger fut arrêté le 5 août 1944 par la Gestapo à Paris. Torturé pendant dix jours, il fut à nouveau condamné à mort par un tribunal militaire allemand à l'issue d'un procès de 45 minutes.

"Au milieu de toutes ces emmerdes, j'ai eu la 'chance' d'être expédié au camp de Buchenwald au lieu d'être fusillé", avait-il dit à l'AFP en 2009, année où il reçut la Légion d'honneur. De Buchenwald, il était ressorti le 11 avril 1945, pesant 35 kg pour 1,82 mètre.

Jean-Paul Schlienger avait reçu la Croix de guerre 1939-1945 avec palme, la médaille de la résistance française, la médaille des services volontaires de la France Libre et celle de la déportation pour faits de résistance, rappelle l'INI dans les colonnes du Figaro. L'institution lui fera ses adieux mercredi en la cathédrale Saint-Louis des Invalides, à Paris.