Le repas à table, une spécialité française

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Le repas à table, une spécialité française
Les Français passent plus de temps à table aujourd'hui qu'il y a 30 ans.@ Pixabay
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Les Français sont les champions du monde du temps consacré au repas, un moment de plaisir et de partage pour toutes les catégories de la population. La preuve par les chiffres.

CIRCUITS COURTS

A l’époque des fast-foods, des sandwichs et des repas pris devant son ordinateur, un pays résiste encore et toujours au repas vite englouti : la France ! Le repas gastronomique français est classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco mais l’exception tricolore dépasse la seule excellence culinaire : s’asseoir à table avec des amis, des collègues ou de la famille est une véritable spécificité hexagonale. Les Français passent environ 2h15 devant une assiette ou un verre chaque jour, plus que dans n’importe quel autre pays. Et ce n’est pas la seule spécialité des gastronomes tricolores…

L’émission Circuits Courts consacre vendredi 25 mai un numéro spécial sur le thème : " Quand s’attabler crée du lien : les bienfaits de la convivialité". Autour d’Anne Le Gall et Maxime Switek, François Bergerault, fondateur de L’Atelier des Chefs et Claude Fischler, sociologue de l’alimentation, débattront des bienfaits du repas assis et partagé en bonne compagnie.

Les Français champions du monde du repas

Le titre de pays de la cuisine attribué à la France par tous les guides de voyage n’est en rien usurpé. Les plats sont bons et les Français prennent le temps de les savourer : en moyenne, nous passons 2h11 minutes à table pour manger et/ou boire chaque jour, plus que n’importe qui d’autre, selon une étude de l’OCDE. C’est six minutes de plus que nos voisins italiens et trois de plus qu’en Espagne, confirmation statistique de l’importance du repas chez les latins. A l’inverse, les Allemands ne passent que 1h36 à table, ce qui est tout même plus que les Anglais (1h18) et les Américains (1h01).

Des repas toujours plus longs

Avec le développement des fast-foods et l’ubérisation progressive du monde du travail, on aurait tendance à croire que les Français passent moins de temps à table que leurs parents et leurs grands-parents avant eux. Tout faux ! Selon une grande enquête de l’Insee publiée en 2012, c’est même tout le contraire : le temps consacré aux repas a augmenté de 13 minutes entre 1986 et 2010. Selon l’institut, les Français passent 2h22 à manger et à boire chaque jour (plus que l’OCDE donc mais la méthode de calcul est différente), contre 2h09 il y a trente ans. Par ailleurs, l’enquête de l’Insee montre que le temps passé à table n'est pas une question de niveau de vie : les 20% les plus modestes consacrent 2h20 aux repas contre 2h25 pour les 20% les plus aisés.

Tous ensemble, tous ensemble !

L’autre particularité du repas à la française, c’est qu’il est synchronisé : selon l’étude de l’Insee, tout le monde mange au même moment (ou presque). Si on met le petit-déjeuner de côté (plus étalé dans le temps et parfois zappé), les repas du midi et du soir sont pratiquement des moments de communion nationale. De fait, un Français sur deux est en train de manger à 13h et un sur trois à 20h ! La comparaison avec les États-Unis est frappant : le pic de synchronisation est atteint peu après midi avec un maximum de… 15% d’Américains qui mangent en même temps.

L’Insee précise également que les Français mangent la plupart du temps en groupe. Le petit-déjeuner, soumis à divers facteurs comme l’heure de réveil et le fait d’avoir un travail ou une activité, ou non, est le repas le plus solitaire : un Français sur deux le prend seul. En revanche, manger seul le midi (23% des gens) et encore plus le soir (19%) est une exception.

Irrésistible grignotage

Si les Français passent beaucoup de temps à table, cela ne les empêche pas de grignoter entre les repas. Selon l’Insee, 30% affirment grignoter "parfois" entre les repas et 15% cèdent même "très souvent". Une tendance particulièrement marquée chez les jeunes : 41% des moins de 25% craquent parfois pour une barre chocolatée, un gâteau ou quelques chips entre deux repas (29% le font très souvent). Chez les plus de 60 ans, la part des "grignoteurs" occasionnels tombe à 20% (8% de réguliers). Ici, la classe sociale engendre des différences notables : les ouvriers (22%) et les employés (20%) grignotent plus souvent que les cadres (9%).