Le président de l’université de Toulon suspendu

  • A
  • A
Le président de l’université de Toulon suspendu
Partagez sur :

La décision a été prise par Valérie Pécresse alors qu’une enquête est en cours sur un trafic présumé de diplômes.

Des mises à l'écart, des pressions, des intimidations, des menaces de représailles et une tentative de destruction de preuves : voilà le type d’'entraves" qui ont conduit Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur, à décider lundi de suspendre pour six mois le président de l’université de Toulon, Laroussi Oueslati, ainsi que ses deux vice-présidents.

Cette décision est, en fait, la conclusion d’une "enquête dans l’enquête" sur un trafic présumé de diplômes à Toulondont auraient bénéficié des étudiants chinois. Une première procédure administrative avait conclu à de "graves irrégularités" de la part du président de l’université de Toulon. Une commission disciplinaire doit d’ailleurs se tenir au début du mois de novembre sur le fond de ce dossier.

Mais fin septembre, alors que cette première enquête touchait à sa fin, une procédure complémentaire a été exigée par Valérie Pécresse. En cause : des pressions exercées par l’équipe dirigeante sur le personnel de l’université, notamment les enseignants qui avaient donné l’alerte sur le trafic supposé de diplômes. L'un d'eux, Pierre Gensse, a qualifié lundi sur Europe 1 la suspension du président de "décision sage".

Le Journal du Dimancherelatait, dans sa dernière édition, le cas de B.F., 22 ans, recalé en première année de licence à Perpignan avec une moyenne de 1,2/20 mais admis en master 2 à Toulon. Cet étudiant, comme d’autres jeunes Chinois, ne parlait pas ou presque pas français et aurait été recruté directement par le président de l’université. En contrepartie de leur venue, l’université aurait profité de leurs droits d’inscription élevés. "Toutes les irrégularités ont commencé à être corrigées en avril (lorsque l'affaire a été révélée NDLR) et nous avons tenu compte des deux rapports provisoire de juillet et définitif de septembre", s’est défendu dimanche Laroussi Oueslati. Lundi, il s'est dit victime d'un "procès d'inquisition".

Au-delà des sanctions administratives, une information judiciaire est ouverte depuis le 25 mars au pôle économique et financier du tribunal de grande instance de Marseille.