Le préfet suspendu nie tout en bloc

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Le préfet suspendu nie tout en bloc
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"Je ne vois pas ce qu'on peut me reprocher", se défend Paul Girot de Langlade, soupçonné d'injures publiques à caractère racial.

Le préfet Paul Girot de Langlade, soupçonné d'injures racistes, visé par une enquête et suspendu vendredi par le ministère de l'Intérieur, nie en bloc toute cette affaire. "Les comportements et les propos qu'on me fait tenir depuis deux jours ne sont pas les miens et ne reflètent ni la réalité ni ma personnalité. Je n'ai toujours pas eu connaissance d'une plainte et je ne vois pas ce qu'on peut me reprocher", a-t-il déclaré.

Il lui est reproché d'avoir tenu le 31 juillet à l'aéroport d'Orly-Ouest des propos injurieux à caractère racial à l'égard d'une agent de sûreté d'origine antillaise. Selon la plaignante, l'alarme ayant retenti alors que le préfet franchissait le portique de sécurité, une de ses collègues lui a demandé de vider ses poches. Le préfet aurait alors lancé le contenu de ses poches sur l'agent. La jeune femme lui demandant de garder son calme, Paul Girot de Langlade lui aurait répondu, toujours selon les termes de la plainte : "On est là où ? On se croirait en Afrique ici", arguant de sa qualité de préfet. Alertés par l'incident, des membres de la hiérarchie et du personnel d'Aéroports de Paris se seraient approchés. "De toutes façons, il n'y a que des Noirs ici", aurait alors ajouté le préfet."

"L'hôtesse d'Air France qui m'accompagnait pour le transit à Orly entre deux avions, était indignée elle-même par le comportement de l'agent de sécurité et m'a présenté des excuses au nom de sa compagnie", a-t-il assuré. "Je leur ai dit "dépêchez-vous", de façon agressive, certes, mais c'est tout ce que je leur ai dit", a détaillé le préfet.

Le préfet, qui était coordonnateur local pour la Réunion des Etats généraux de l'Outre-mer, a été suspendu "immédiatement" de sa fonction de coordinateur, a précisé vendredi le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux.

"Il faut être exemplaire. On ne peut pas s'occuper des états généraux de la Réunion et avoir une plainte pour racisme déposer contre soi" indiquait vendredi Patrick Karam, délégué interministériel à l'outre-mer. Ecoutez-le au micro Europe 1 de Pierre de Cossette :