Le point sur les indemnisations trois mois après les inondations

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En juin, plusieurs départements étaient touchés par des inondations ayant atteint un niveau historique. Trois mois plus tard, où en est-on des indemnisations ? Europe 1 fait le point.

Le 31 mai dernier des inondations historiques avaient frappé plusieurs départements comme le Loiret, l'Indre-et-Loire, le Loir-et-Cher, l'Essonne, la Seine-et-Marne, et le Val-de-Marne. Près de 50.000 foyers avaient été sinistrés, entraînant un coût total d'indemnisations estimé à plus d'1 milliard d'euros par les assureurs. Si certaines situations se sont assez vite débloquées, beaucoup de sinistrés restent encore dans l'attente d'une solution pérenne.

Cas extrêmes. Dans certaines communes du Loiret comme à Gidy ou Saint-Cyr-en-Val, plusieurs habitants sont contraints d'être logés chez des amis ou de la famille. D'autres vivent toujours chez eux mais dans des conditions insalubres et commencent à peine les premiers travaux à leurs frais, faute de remboursement. En cause : la période estivale qui ralentit les démarches. Alexandre Thibaudeau, de l'Association d'Assistance aux sinistrés du Loiret, explique qu'il existe aussi des cas extrêmes : "On va devoir raser des maisons. Cela reste officieux, mais on le sait car il n'y a pas d'autre alternative", regrette t-il avant de conclure, fataliste :  "Quand on s'aperçoit que le montant des travaux dépasse le montant total de la maison, on rase."

Bataille administrative. Au niveau des départements aussi, la lutte semble rude. En Seine-et-Marne, Jean-Jacques Barbaux, président du Conseil départemental, explique qu'il a fallu batailler pour obtenir le classement de 232 communes en état de catastrophe naturelle : "Je comprends mal, alors qu'on a acheminé tous les dossiers, qu'on nous dise maintenant que certaines communes sont encore en rade car certains dossiers sont incomplets. Depuis Paris, on nous renvoie des dossiers, et tout ça prend du temps, tout ça parce qu'il manque des papelards", s'emporte-t-il. Une déception alors que Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, avait promis en juin une indemnisation "la plus rapide possible". Dans ce département, la ville de Nemours avait été particulièrement touchée, avec une facture estimée à un voire deux millions d'euros.

Bonnet d'âne pour certains experts et assurances. Certains sinistrés affirment avoir eu tellement de problèmes, entre des experts et des assurances peu scrupuleux, qu'ils préparent une liste nominative des bons et des mauvais élèves. Traduction : eux aussi, promettent de faire "leur" bilan des inondations.