Le plan Loup du gouvernement ne convainc ni les éleveurs, ni les écologistes

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Lundi prend fin la consultation publique lancée il y a un mois par le gouvernement sur le plan Loup. Celui-ci doit entrer en vigueur cette semaine, mais il ne satisfait ni les éleveurs, ni les écologistes.

Après une consultation publique qui a duré un mois, le plan Loup va entrer en vigueur le 1er février. Le gouvernement a arrêté les grandes lignes de ce plan, valable jusqu'en 2023. Sa philosophie est d'assurer la viabilité de l'espèce des loups, tout en protégeant les éleveurs et leurs troupeaux sur le territoire.

500 loups d'ici cinq ans. Avec ce nouveau plan, 10% des loups pourront être abattus chaque année en France. C'est un peu moins que le chiffre de quarante loups, fixé pour l'année dernière et l'année en cours. Aujourd'hui, on compte 350 loups sur le territoire. Dans les cinq ans qui viennent, le gouvernement voudrait arriver à une population de 500 loups, pour assurer la viabilité de l'espèce. 

Aider les éleveurs à se protéger. L'autre axe majeur de ce plan, c'est le renforcement des mesures pour aider les éleveurs à se protéger, avec des clôtures ou des chiens. En cas d'attaque de troupeaux, les tirs de défense seront facilités. Les éleveurs n'auront ainsi pas le droit d'abattre un loup sans attaque préalable, sauf durant les quatre derniers mois de l'année. Par ailleurs, après la perte d'une ou plusieurs brebis, les agriculteurs ne seront indemnisés que s'ils ont mis en place des mesures de protection des troupeaux. Mais la majorité des éleveurs refusent ce plan qui, selon eux, ne leur donne pas les moyens de se défendre correctement face aux loups, qui tuent près de 10.000 brebis par an.

Insatisfaisant selon les éleveurs. Jacques Courron élève ses 500 brebis depuis 17 ans à Gourdon, au dessus de Grasse. Il y a dix jours, trois bêtes ont été tuées. Pour l'éleveur, qui est aussi président de la Fédération départementale Ovine, ce plan Loup ne va rien résoudre. "Quand vous le lisez, c'est endoctrinant. Mais en y regardant de plus près, ce ne sont que des contraintes. On nous propose quarante loups en prélèvement, mais on nous dit aussi qu'en septembre, le préfet peut stopper les tirs parce que trop de loups ont été tués. Les loups, il faut les enlever du milieu, il n'y a pas d'autre solution", peste-t-il au micro d'Europe 1.

Les pro-loups en colère. Les écologistes aussi sont mécontents, qui n'admettent pas que l'on puisse abattre un loup. Pour Dany, militante chez Green, l’accent n’a pas été assez mis sur la protection des troupeaux pour qu’elle devienne condition à l’indemnisation. Selon elle, il aurait aussi fallu encourager les tirs d’effarouchement. "Un loup mort ne va rien enseigner à la meute. En revanche, un loup qui s'est pris une balle de caoutchouc dans les fesses va être porteur d'un enseignement précieux", souligne-t-elle. Un argument non valable pour les éleveurs, qui maintiennent que le loup reste, quoiqu'il arrive, un prédateur.