Jean-Marie Le Pen : "Et ça veut gouverner la France, ça?"

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Jean-Marie Le Pen : "Et ça veut gouverner la France, ça?"
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Le fondateur du parti contestait ce mercredi son exclusion du Front national devant le TGI de Nanterre. La décision a été mise en délibéré au 17 novembre.

L'ESSENTIEL

Le Front national pourrait-il être contraint de réintégrer son fondateur, Jean-Marie Le Pen ? Ce mercredi après-midi, le "patriarche", âgé de 88 ans, contestait devant le tribunal de grande instance de Nanterre son exclusion du parti. De cette audience, il n'attendait qu'une chose, "la victoire, celle de la justice", a-t-il confié en arrivant. La décision a été mise en délibéré au 17 novembre.

Jean-Marie Le Pen avait été suspendu du FN en mai 2015, puis exclu le 20 août de la même année par le bureau exécutif, l’instance suprême du parti. En cause : une énième provocation sur la Shoah et le maréchal Pétain. Le fondateur du parti est coutumier du fait, il a été condamné à plusieurs reprises pour "apologie de crimes de guerre" ou "banalisation de crimes contre l'humanité". Mais cette fois, ses propos ne passent pas au sein du parti, en pleine campagne de "dédiabolisation".

Dans cette guerre familiale, le patriarche a déjà eu trois fois gain de cause devant les tribunaux. Le 2 juillet 2015, le TGI de Nanterre annulait sa suspension du parti, dont la durée n'avait pas été précisée. Une semaine plus tard, le juge des référés annulait à son tour le congrès par correspondance, censé supprimer son statut de président d’honneur. Le FN avait fait appel, mais le 28 juillet, la cour d'appel de Versailles rejetait son recours. Pour ce quatrième round judiciaire, Jean-Marie Le Pen demande au tribunal d'annuler son exclusion du Front national. Il réclame également deux millions d'euros en réparation d'un "très grave préjudice" porté à sa fonction de président d'honneur, mais aussi "à sa dignité, son honneur, sa notoriété et son action politique"

  • LES TEMPS FORTS DE L'AUDIENCE:

Jean-Marie Le Pen déterminé. "J’attends la victoire, celle de la justice", a déclaré le fondateur du FN en arrivant au tribunal de grande instance de Nanterre. Jean-Marie Le Pen, vêtu d’un élégant costume bleu, conteste son exclusion du FN, en août 2015. Sa présence n’était pas nécessaire ce mercredi, mais selon son avocat, Me Frédéric Joachim, il a tenu à être présent pour prouver sa "détermination". L’audience, prévue à 14 heures, s’est ouverte avec une quinzaine de minutes de retard.

"Et ça veut gouverner la France, ça ?". L’avocat de Jean-Marie Le Pen a dénoncé le "parricide", "l’exécution" orchestrée par Marine Le Pen et ses "sbires". Il affirme que la présidente du FN s’est servie des propos de Jean-Marie Le Pen pour l’exclure. "Il fallait l’exclure coûte que coûte. Si ça n’avait pas été le maréchal Pétain ou le détail de l’histoire, ça aurait été autre chose. Ces griefs n’ont jamais posé de problèmes", a-t-il déclaré. Et d’ajouter : "Et ça veut gouverner la France, ça ?"

"Il a été condamné à de multiples reprises". L'avocat du parti a dénoncé cet argumentaire qui a passé sous silence les multiples condamnations de Jean-Marie Le Pen. "Ces propos constituent des motifs graves qui justifient une exclusion", a-t-il déclaré. Pour la première fois au cours de ces deux heures d'audience, le fondateur du FN a manifesté des signes d'agacement. "Aujourd'hui, c'est Mr Le Pen qui est devenu un détail de l'histoire du FN", a-t-il conclut.

  • Revivez cette audience grâce au live-tweet de notre journaliste Caroline Politi au TGI de Nanterre :