Le patron des prothèses mammaires frauduleuses PIP à l'heure du jugement

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Le patron des prothèses mammaires frauduleuses PIP à l'heure du jugement
Jean-Claude Mas, 76 ans, avait estimé lors de son procès en 2013 que le gel de ses prothèses n'était pas dangereux.@ BERTRAND LANGLOIS / AFP
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En 2013, Jean-Claude Mas avait été condamné en première instance à quatre ans de prison et à une amende de 75.000 euros d'amende. 

La justice doit rendre lundi sa décision en appel concernant Jean-Claude Mas, le fondateur de la société PIP dont les prothèses mammaires, fabriquées au mépris de toute norme sanitaire et potentiellement dangereuses, ont été implantées sur des milliers de femmes dans le monde.

Quatre ans de prison ? La cour d'appel d'Aix-en-Provence doit rendre son arrêt à 14 heures. Jean-Claude Mas, 76 ans, avait été condamné en première instance en 2013 à quatre ans de prison ferme. L'avocat général avait requis lors de l'audience en appel, en novembre 2015, la même peine, pour fraude aggravée, et pour escroquerie à l'égard de la société allemande de certification TÜV, qu'il a bernée sur la composition de son gel pendant des années. Outre la prison ferme, une amende de 75.000 euros ainsi que l'interdiction définitive d'exercer dans le domaine de la santé et de gérer une société a été requise.

Deux autres procédures. Après ce délibéré, le parcours judiciaire de l'ancien épicier, devenu l'un des plus importants fabricants d'implants mammaires au monde en foulant aux pieds toute espèce de règlementation sanitaire, ne sera pas terminé. Il est toujours mis en examen dans deux autres procédures, l'une pour homicide et blessures involontaires, l'autre concernant les aspects financiers de l'affaire.

7.000 femmes parties civiles. Au cours de son procès en appel, qui s'était déroulé au Palais des Congrès d'Aix-en-Provence pour accueillir des centaines de parties civiles, Jean-Claude Mas avait encore martelé que son gel de silicone "maison", fabriqué à partir d'huile industrielle, ne comportait aucun danger. Dans ce procès hors norme, quelque 7.000 femmes se sont portées parties civiles, évoquant pour l'une "une bombe à retardement" installée dans son corps, pour d'autres des "vies gâchées". Au total, des dizaines de milliers de prothèses mammaires frauduleuses ont été écoulées dans le monde entier, notamment en Amérique du Sud. Les autorités sanitaires françaises font état de 18.000 femmes qui ont dû se faire retirer leurs prothèses, pour partie suite à des ruptures ou des irritations. Deux cancers ont été diagnostiqués.