Le martyre du petit Yanis, 5 ans

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Le martyre du petit Yanis, 5 ans
@ ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
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L’enfant est vraisemblablement mort des suites d’une punition de son beau-père. Ce dernier l'aurait obligé à courir plusieurs kilomètres à demi-nu.

Une punition absurde aux conséquences dramatiques. Telle est la piste privilégiée des enquêteurs pour expliquer la mort du petit Yanis, 5 ans, dans la nuit de samedi à dimanche, à Aire-sur-la-Lys dans le Pas-de-Calais. A 2h45 cette nuit-là, les pompiers reçoivent un appel de Julien M., 30 ans, le beau-père du garçonnet : l’enfant, explique-t-il, a fait un malaise et est inconscient. A peine arrivés, ils découvrent son corps sans vie sur un chemin de halage, à proximité des rives de la Lys. Il porte pour uniques vêtements un slip humide et une paire de chaussettes malgré le froid de cette nuit de février.

Cet accoutrement faisait, semble-t-il, partie d’une punition donnée par son beau-père parce que l’enfant a fait pipi au lit. Il a ainsi « été contrait de courir sur une distance de plusieurs kilomètres le long du canal », a précisé le procureur de Saint-Omer, Patrick Leleu. Selon les premiers éléments de l’enquête, Julien M. le suivait en vélo et sa mère biologique, Emilie L., 23 ans, se tenait en retrait. L’autopsie a révélé que le garçonnet était décédé des suites d’un traumatisme crânien. Il souffrait également d’une fracture du nez. Des analyses complémentaires devraient déterminer si elle date du soir du drame. Le beau-père a indiqué lors de sa garde-à-vue que l’enfant était tombé à deux reprises le soir du drame.

Violences habituelles ? Compte-tenu de la nature de la punition et surtout des blessures,  les faits reprochés aux mis en cause ont été requalifiés en "homicide volontaire sur mineur de quinze ans". "La question de violences habituelles est posée au vu des premières constatations", selon le parquet de Saint-Omer, qui s’est dessaisi ce mardi de l'enquête au profit du parquet de Boulogne-sur-mer au regard de la nature criminelle des faits.

Le couple, actuellement en garde-à-vue, s’est rencontré en août 2015. Ils venaient d’emménager à Aire-sur-la-Lys et n’étaient pas suivi par les services sociaux de la commune, a précisé le maire, Jean-Claude Dissaux. Selon Le Parisien, aucun signal d’alerte n’a été émis de la part de l’école maternelle dans laquelle il était actuellement scolarisé en grande section. Les parents, sans emploi et sans autre enfant, vivait entre l’appartement HLM d’Emilie et un cabanon rudimentaire, situé à la lisière de la ville, appartenant à Julien M. C’est près de celui-ci que le corps de l’enfant a été découvert.