Le Guen : vacciner "30% des Français suffisait"

  • A
  • A
Le Guen : vacciner "30% des Français suffisait"
Partagez sur :

Jean-Marie Le Guen, député PS et adjoint au maire de Paris chargé de la Santé Publique, dénonce la gestion de la grippe A et demande "une commission d’enquête parlementaire".

"Nous sommes le seul pays au monde à avoir prévu deux doses de vaccin pour 100% des Français". Jean-Marie Le Guen juge sévèrement la gestion l’épidémie de grippe A. Au printemps dernier, il avait dénoncé la "politique du tout-vaccinal" dans un article publié dans le Journal du Dimanche du 6 juin 2009 : l’idée de vacciner tout le monde est "inutile, très chère". Toujours critique vis-à-vis d’une gestion pas assez transparente, le député estime que cette affaire "pose problème et mérite une commission d’enquête parlementaire".

Interrogé sur le plan qu’il aurait mis en place s’il avait été ministre de la Santé, Jean-Marie Le Guen préfère les choix opérés par des pays comme l’Allemagne, le Royaume-Uni ou les Etats-Unis : "Prévoir une couverture vaccinale de 30% des français, c’est-à-dire les plus exposés et les plus fragiles. Cela suffisait". Le député PS se défend de tout laxisme : "J’ai toujours été pour l’application d’un véritable principe de précaution". Puis il s’interroge sur le bilan mitigé de la campagne de vaccination : "Pourquoi nous n’avons pas été capables de convaincre mieux nos concitoyens ?"

"Cette annonce des 100% était une annonce essentiellement politique pour donner le sentiment erroné qu’on protégeait tout les Français". Jean-Marie Le Guen qualifie la politique du gouvernement de "communication par la dramatisation", dénonçant "une volonté d’affichage politique" et "une attitude un peu paternaliste". Et le député socialiste de préciser que si on vaccinait tout le monde, au rythme actuel on n’aurait pas fini en 2011.

"Les laboratoires ont leur responsabilité", et le gouvernement a été "complaisant" avec eux, conclut-il. L’adjoint au maire de Paris chargé de la Santé Publique ajoute : "Il serait intéressant pour tout le monde de demander aux laboratoires exactement s’ils n’ont pas un petit peu poussé à la vente".