Le groupe de Tarnac défendu par l’avocat de l’île de la Tentation

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Le groupe de Tarnac défendu par l’avocat de l’île de la Tentation
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Les neuf jeunes de Tarnac accusés d’avoir saboté des lignes TGV sont assistés par la bête noire des producteurs de télé-réalité.

C’était le 11 novembre 2008. Au petit matin, la police antiterroriste interpellait une dizaine de jeunes présentés comme proches de l'ultra-gauche et soupçonnés d'avoir saboté des lignes TGV. Réunies sous le terme générique de "groupe de Tarnac", neuf personnes âgées de 24 à 35 ans ont depuis été mises en examen pour "sabotages de voies ferrées". Certaines ont connu la détention provisoire, dont celui qui est présenté comme le "cerveau" du groupe, Julien Coupat, qui a passé six mois en prison. En attendant le procès, tous ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Jusqu'à présent, leurs avocats avaient privilégié une défense très "politique" : ils contestaient la qualification "terroriste" des faits et dénonçaient l'instrumentalisation de l'affaire par le gouvernement.

Changement de stratégie, ces derniers jours, avec l'arrivée, en renfort dans le dossier, d'un nouvel avocat de 32 ans, Maître Jérémie Assous, qui s’est fait un nom en devenant la bête noire des producteurs de télé-réalité. L'an dernier, grâce à lui, les participants à L’île de la Tentation ont obtenu un contrat de travail en bonne et due forme, avec salaires, heures supplémentaires et congés payés.

Aujourd'hui, dans l'affaire de Tarnac, l’avocat reprend tout le dossier à zéro, pièce par pièce. Comme Julien Coupat et les autres mis en examen n'ont pas les moyens de le payer, il demande à ses clients de l'aider à éplucher les procès verbaux. Ils se retrouvent à son bureau, à tour de rôle, puisqu’ils n'ont pas le droit de se rencontrer avant le jugement.

De leur côté, les enquêteurs estiment s'appuyer sur des éléments tangibles pour maintenir leurs poursuites contre le groupe de Tarnac. Julien Coupat et sa compagne Yldune Levy ont ainsi été aperçus près d'une voie sabotée le soir des faits. Des expertises informatiques ont permis également de mettre la main sur un manuel de fabrication de bombes et des matrices de faux documents d'identité. L'instruction pourrait être close avant l'été 2010.

Europe1.fr avec Alain Acco