Le gouvernement veut écouter les ordinateurs des terroristes

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Le gouvernement veut écouter les ordinateurs des terroristes
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Policier et gendarmes pourront mener des "cyberperquisitions" dans les ordinateurs de suspects, selon le texte du projet de loi sur la sécurité intérieure présenté mercredi au conseil des ministres.

"Capter à distance, à toute heure et en n’importe quel lieu les données informatiques telles qu’affichées sur l’écran d’un utilisateur" : la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie doit dévoiler, mercredi, au conseil des ministres, un arsenal juridique permettant aux gendarmes et aux policiers d’engager des "cyberperquisitions".

Le projet de loi d’orientation et de programmation de la sécurité intérieure (Lopsi) qui sera présenté par la ministre de l’Intérieur encadre strictement cette possibilité : policiers ou gendarmes devront avoir été saisis par un juge, sur des dossiers relevant de terrorisme et de grand banditisme.

Autre précision : elle ne sera autorisée que pour une durée de quatre mois, renouvelable une fois, et ne pourra s’appliquer dans les entreprises de presse ou les cabinets d’avocats, de médecins, de notaires et d’huissiers.

Concrètement, le logiciel de type "cheval de Troie" - un programme proche qui permet d’introduire une porte dérobée sur un ordinateur - s’apparentera à la mise sur écoute d’un ordinateur. Une fois installé chez un utilisateur, gendarmes et policiers peuvent accéder aux données, analyser les frappes, ou bien encore capter des conversations menées via le logiciel Skype.

Objectif : ne pas se contenter de disséquer le disque dur d’un suspect, où toutes les données ne peuvent être récupérées par les enquêteurs.

Si Michèle Alliot-Marie se défend de toute intention liberticide, le PS a déjà promis de batailler contre cette nouvelle loi sur la sécurité, après les déclarations de Xavier Darcos proposant de mener des fouilles à l'entrée des lycées. Dévoilé à quelques jours du scrutin européen, ce projet de loi serait, aux yeux des socialistes, une manœuvre électorale pour orienter le débat vers les enjeux sécuritaires.

Le député Jean-Louis Bianco assure que "les Français ne seront pas dupes" :