Le dossier explosif du patrimoine des présidents africains

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Le dossier explosif du patrimoine des présidents africains
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Un juge d'instruction de Paris a décidé d'ouvrir une information judiciaire pour "recel de détournement de fonds publics" concernant le patrimoine détenu en France par trois présidents africains en exercice dont le Gabonais Omar Bongo. Un dossier qui suscite le trouble.

C’est contre l'avis du parquet que la doyenne des juges du pôle financier de Paris, Françoise Desset, a décidé mardi d'ouvrir une information judiciaire pour "recel de détournement de fonds publics" concernant le patrimoine détenu en France par trois présidents africains de pays producteurs de pétrole : le dirigeant du Congo-Brazzaville Denis Sassou-Nguesso, celui de Guinée équatoriale Teodoro Obiang et le Gabonais Omar Bongo. Un dossier très sensible d'un point de vue diplomatique.

La juge d’instruction française a en fait accepté une nouvelle plainte déposée par l'association Transparency International France, dont les précédentes requêtes avaient été jugées irrecevables. L’avocat de Transparency International France, Me William Bourdon, se félicite de cette décision sur Europe 1 :



Le "trésor" au cœur de cette bataille juridique est composé de logements fastueux, de voitures de luxe et de centaines de comptes bancaires appartenant aux trois présidents africains dans la ligne de mire de la justice française. L'épouse d'Omar Bongo, fille de Denis Sassou-Nguesso, a par exemple acheté un hôtel particulier près des Champs-Elysées pour 18,8 millions d'euros. Teodoro Obiang, et ses proches, ont eux acheté des limousines pour plus de 4 millions d’euros à Paris.

Les trois présidents africains visés nient toute malversation. L’enquête s’annonce d’autant plus difficile qu’elle est particulièrement sensible d’un point de vue diplomatique. Le parquet, qui s’est toujours opposé à cette procédure, peut d’ailleurs encore faire appel. La ministre de la Justice, Rachida Dati, a refusé de prendre position sur le sujet mercredi. Si l'enquête était lancée, les magistrats se heurteraient à l'immunité coutumière accordée aux chefs d'Etat en exercice. Mais leurs proches n'en bénéficient pas et peuvent donc en théorie être arrêtés, sauf immunité diplomatique.