Le dernier carré des Compagnons de la Libération

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Le dernier carré des Compagnons de la Libération
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Les Compagnons de la Libération ne sont plus que cinquante survivants alors qu'ils étaient 1.036 à combattre lors de la guerre 39-45.

Le 23 janvier 1946, le décret de forclusion de l'Ordre de la Libération fixait pour toujours dans l'histoire de France le nombre des Compagnons à 1.036 hommes et femmes, à cinq communes et à dix-huit unités combattantes. Parmi ces 1.036 Compagnons, 271 ont été nommés à titre posthume et 65, déjà Compagnons, sont morts au combat ou en service commandé avant la fin de la guerre. Un peu plus de 700 d'entre eux ont survécu à la guerre.

Etudiants, militaires, ingénieurs, paysans, industriels, hommes de lettres, ouvriers, prêtres, tirailleurs africains, médecins : les Compagnons représentaient l'ensemble de la société civile et militaire dans la France libre et la Résistance intérieure. Les militaires, et le premier d'entre eux le général De Gaulle, créateur et seul Grand maître de l'ordre en 1941, formaient les trois quarts des rangs des Compagnons qui ont compté six femmes. Plus de 10% des Compagnons de la Libération n'avaient pas 20 ans au moment de la déclaration de guerre de septembre 1939.

Aujourd'hui, ces cinquante vieux messieurs portent, lors des cérémonies officielles, l'insigne de la Croix de la Libération. C'est un écu de bronze rectangulaire portant un glaive, surchargé d'une croix de Lorraine avec au revers la devise latine "Patriam servando victoriam tulit" (En servant la Patrie, il a remporté la Victoire) accroché à un ruban, alliant le noir du deuil au vert de l'espérance pour symboliser l'état de la France en 1940. Le benjamin des Compagnons survivants, Louis Cortot, a 84 ans, le doyen Pierre Louis-Dreyfus a 101 ans.

Lorsque le Conseil de l'Ordre ne pourra plus réunir quinze Compagnons, la loi du 26 mai 1999 prévoit l'entrée en activité du "Conseil national des communes Compagnon de la Libération". Cette entité assurera les traditions de l'Ordre, veillera sur le Musée de l'Ordre et organisera les cérémonies commémoratives de l'Appel du 18 juin et de la mort du général De Gaulle.