L'avocat Bernard Ripert obtient l'annulation de son interdiction d'exercer

  • A
  • A
L'avocat Bernard Ripert obtient l'annulation de son interdiction d'exercer
L'avocat Bernard Ripert peut de nouveau exercer sa profession.@ JEFF PACHOUD / AFP
Partagez sur :

Interdit d'exercer depuis juin dernier suite à divers manquements disciplinaires, l'avocat Bernard Ripert peut de nouveau exercer sa profession.

La Cour de cassation a annulé mercredi une interdiction d'exercer prononcée en juin dernier par la cour d'appel de Grenoble à l'encontre de Bernard Ripert, ancien avocat de l'organisation armée d'extrême gauche Action Directe, dans le cadre de poursuites disciplinaires. Me Ripert a obtenu l'annulation pure et simple de cette sanction qui portait sur trois ans, dont un avec sursis. Le tonitruant avocat à la barbe blanche, âgé de 66 ans, était poursuivi pour divers manquements

Il brave plusieurs sanctions disciplinaires. Il se voyait notamment reprocher d'avoir lancé à un président de cour d'assises en mars 2015, lors d'un procès, qu'il était "préférable de connaître le code (pénal) avant l'audience que de le découvrir pendant ou après". Dans un courrier adressé à un directeur de maison d'arrêt, l'avocat avait aussi demandé au fonctionnaire s'il se croyait "en 1942 avec son surveillant minable". Il lui était également reproché de ne pas avoir respecté de précédentes sanctions disciplinaires (trois depuis 2009). Alors qu'il était déjà sous le coup d'une interdiction d'exercer d'un an, Me Ripert avait voulu défendre des clients devant deux cours d'assises. Il avait alors invoqué l'article 275 du Code de procédure pénale qui permet à un accusé de se faire défendre par un ami aux assises.

Soutien de ses confrères. D'abord relaxé par le conseil régional de discipline des avocats, le 11 mai 2016, le pénaliste grenoblois avait été condamné en appel, le 23 juin 2016, à une nouvelle interdiction d'exercer, décision contre laquelle il avait formé un pourvoi. Dans un arrêt rendu mercredi, la Cour de cassation a jugé que l'appel du procureur général de Grenoble contre sa relaxe n'avait pas été régulièrement déposé. Lors de l'audience en appel, Bernard Ripert avait reçu le soutien d'une cinquantaine de ses confrères en robe et autant de manifestants étaient présents devant le palais de justice. Quelques semaines auparavant, fin mai 2016, son interpellation à son domicile, suivie d'une brève mesure d'internement d'office, avait suscité un vif émoi dans la profession.