Laurent Berger : "Manifester pour casser, c’est inacceptable "

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Le secrétaire général de la CFDT, invité lundi d'Europe 1, a par ailleurs dit espérer que le débat parlementaire permettra d’approfondir la loi Travail.

INTERVIEW

Les différentes mobilisations du 1er mai contre la loi Travail ont dégénéré et fait deux blessés légers, tandis que 18 personnes ont été interpellées, après des heurts dimanche à Paris. "Il y a des gens qui utilisent les manifestations pour casser, et ça c’est inacceptable", a condamné Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, invité lundi de la matinale d’Europe 1. Le responsable syndicaliste a fustigé "les casseurs, ceux qui pratiquent la violence", indiquant ne pas les confondre "avec les autres personnes qui manifestent pour des idées".

Montée des violences. Louis Aliot, vice-président du FN, avait reproché vendredi sur BFMTV au gouvernement de Manuel Valls d’être "à deux doigts de provoquer la guerre civile". "Tout et n’importe quoi se dit, et ça fait le jeu des extrêmes, notamment du Front national", répond Laurent Berger, qui déplore le manque de pédagogie du gouvernement autour du projet de loi. "Il faut arrêter les caricatures. Je ne pense pas que le seul problème auquel soit confronté notre pays ce soient les violences. C’est une conséquence d’une incapacité à fixer un cap dans une société qui a profondément évolué. Il faut regarder les choses en face."

Une loi nécessaire. "Cette loi Travail permet davantage de dialogue social dans les entreprises et dans les branches, et la possibilité d’attacher des droits à la personne", soutient Laurent Beger. "Dans ce texte, il y a les éléments de protection nécessaires pour les chômeurs et les salariés, et les éléments de souplesse nécessaires dans une économie qui a bougé", a encore déclaré celui qui était opposé à la première version du projet. "C’était inacceptable. Je l’ai combattu. J’ai fait mon travail de syndicaliste."

Élargissement. Mardi débutera devant l’Assemblée nationale l’examen du texte par les députés. "Il faut maintenant que le débat parlementaire permette d’enrichir le texte, et de le rendre encore plus protecteur", a déclaré Laurent Berger, plaidant notamment pour un double élargissement, à la fois du "périmètre pour mesurer la pertinence d’un licenciement économique", et du compte personnel d‘activité "aux salariés des chambres consulaires", c’est-à-dire les salariés des établissements publics représentatifs des acteurs privés de l’économie.