L'armée face au casse-tête du recrutement des jeunes

  • A
  • A
L'armée face au casse-tête du recrutement des jeunes
L'armée a du mal à concrétiser l'engouement qu'elle a suscité après les attentats du 13 novembre.@ AFP
Partagez sur :

Les attentats du 13 novembre avaient suscité un engouement chez les jeunes pour l'armée. Mais cela n'a pas forcément été suivi d'effets concrets. 

Il y avait eu un véritable engouement autour de l'armée après les attentats du 13 novembre. Fin 2015, les demandes de renseignements pour intégrer l'armée avoisinait les 1.500 par jour, mais aujourd’hui le soufflet est retombé et les demandes sont trois fois moins importantes.

100.000 jeunes abandonnent avant même l'entretien. Parmi les jeunes effectuant des demandes de renseignements, ils ont été 100.000 à abandonner avant le premier entretien qui leur a été proposé. Portés par un élan, ils sont ensuite nombreux à ne pas aller plus loin que la simple inscription sur Internet. Par la suite, sur les 30.000 candidats qui se rendent à ce premier entretien, beaucoup n'ont pas conscience de la réalité du métier. Le lieutenant colonel Dosseur explique que "la plupart disent qu'ils veulent être tireurs d'élites car ils ont vu le dernier film à la mode", mais "il s'avère indispensable de montrer la vérité aux jeunes qui veulent nous rejoindre car nous avons besoin de soldats qui portent le sac, qui portent les armes et que vous voyez tous les jours dans le métro ou dans les rues dans le cadre de l'opération Sentinelle".

Longue formation. La formation pour être militaire dure plusieurs mois. Pour éviter de décourager les jeunes lors des premiers tests, l'armée a créé une application mobile permettant de compter leur nombre de pompes ou de tractions, les recruteurs de l'armée voyant ainsi à distance leur progression physique. L'adjudant-chef Philippe explique rencontrer "des gens qui se dévalorisent au niveau physique et qui manquent peut-être de ténacité pour certains". Pour éviter cela, "l'application est là pour les motiver, les rassurer". "C'est surtout quelqu'un qui n'accepte pas l'autorité ou la vie en collectivité qui pourrait poser problème", insiste par ailleurs l'adjudant-chef. Cette année, l'armée cherche à recruter 15.000 personnes, dont des informaticiens et des mécaniciens, qu'elle a du mal à trouver.