10/11/2017 - 14h29

L'ancien Levothyrox toujours produit en Isère : un avocat interpelle Merck et les autorités

© DAMIEN MEYER / AFP

Un avocat des malades de la thyroïde qui mettent en cause la nouvelle formule du médicament Levothyrox, reproche aux autorités sanitaires et au laboratoire Merck de ne pas faire appel à une usine en Isère qui fabrique toujours son ancienne version.

En attende d'"éclaircissements". Dans un communiqué publié vendredi, il annonce avoir adressé par voie d'huissier "une sommation interpellative", acte juridique qui permet de poser officiellement une question à un tiers, à la ministre de la Santé Agnès Buzyn, au groupe allemand et son sous-traitant, la société Patheon basée à Bourgoin-Jallieu, ainsi qu'à l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), "afin d'obtenir des éclaircissements".

Une production destinée à l'Italie. "Nous voulons savoir pourquoi les autorités sanitaires françaises n'ont pas exigé de Merck et de son sous-traitant que la production de l'ancienne formule (baptisée Euthyrox, ndlr) soit écoulée sur le marché français", déclare Me Christophe Lèguevaques. Selon lui, la production de l'usine iséroise est "destinée exclusivement au marché italien". "A l'heure où dans notre pays, des milliers de patients souffrent d'effets secondaires graves liés à la nouvelle formule et se battent quotidiennement pour trouver des comprimés 'ancienne formule' livrés au compte-gouttes dans les pharmacies françaises, cette découverte a de quoi susciter de nombreuses questions", dit-il. Il réclame de connaître la capacité de production de l'usine.

Des comprimes à en provenance d'Allemagne. Face à la colère de certains patients, la ministre de la Santé avait annoncé le 15 septembre un retour de l'ancienne formule du médicament, avant l'arrivée de traitements alternatifs. Importées d'Allemagne, 190.000 boîtes de 100 comprimés d'Euthyrox, en 8 dosages différents, ont été acheminées en France. L'initiative est transitoire, l'Euthyrox ne disposant plus d'une autorisation de mise sur le marché. Le 19 octobre, Agnès Buzyn avait précisé que les malades souffrant d'effets secondaires disposeraient de "cinq médicaments différents" à partir de la mi-novembre.