L'ancien grand rabbin de France Joseph Sitruk est mort

  • A
  • A
L'ancien grand rabbin de France Joseph Sitruk est mort
@ PATRICK HERTZOG / AFP
Partagez sur :

L'ancien grand rabbin de France Joseph Sitruk est mort à 71 ans, a annoncé son entourage dimanche.

Aussi charismatique qu'intraitable sur l'orthodoxie religieuse, l'ancien grand rabbin de France Joseph Sitruk, guide spirituel de la première communauté juive d'Europe pendant plus de 20 ans, est mort dimanche à Paris à l'âge de 71 ans.

Victime d'une attaque cérébrale en 2001 et malade depuis plusieurs années, il est décédé à l'hôpital, a-t-on appris dans l'entourage du grand rabbin de France Haïm Korsia, qui fut son collaborateur et a fait part de sa "tristesse et douleur immense". Un office d'hommage aura lieu à 19h30 à la Grande synagogue de la Victoire à Paris. 

Grand rabbin pendant 20 ans. Dès l'annonce de son décès, les réactions se sont multipliées pour saluer la mémoire de ce séfarade chaleureux, né à Tunis le 16 octobre 1944, qui a exercé les fonctions de grand rabbin de 1987 à 2008. "Beaucoup de tristesse au moment où j'apprends la disparition du Grand Rabbin Joseph Haïm Sitruk Zats'al. Il fut un maître et un ami", a tweeté Gilles Berheim, qui lui avait succédé de 2009 à 2013. "Que sa mémoire soit bénie", a réagi le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) dans un tweet faisant part de sa "tristesse", tout comme l'imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, qui se souvient "de longues discussions tout au long de ces années" et des "souvenirs de Tunisie" partagés.

Condamnation de l'homosexualité. Ce rabbin marié et père de neuf enfants a prôné une stricte observance de la loi juive, la "halakha", se montrant intransigeant sur les conversions, les mariages mixtes, le repos du shabbat ou dans la condamnation de l'homosexualité. Il a également été critique d'une "laïcité intolérante" au risque de se heurter aux usages républicains, comme en 1994 lorsqu'il a appelé les juifs pratiquants à ne pas participer au second tour des élections cantonales, au motif qu'il coïncidait avec le premier soir de Pessah, la pâque juive. Il avait à nouveau provoqué la polémique en juin à propos de la Gay Pride de Tel Aviv, qu'il considérait comme une "tentative d'extermination morale du peuple d'Israël".