La Scientologie dénonce "un procès en hérésie"

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La Scientologie dénonce "un procès en hérésie"
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Le procès de la Scientologie s'est ouvert lundi à Paris. Considérée en France comme une secte mais admise comme une religion aux Etats-Unis, cette organisation est jugée pour la première fois pour "escroquerie en bande organisée" et pourrait voir ses structures en France dissoutes.

Le procès de l'Eglise de Scientologie s'est ouvert lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de Paris.L'Eglise de Scientologie doit répondre pour la première fois d'escroquerie en bande organisée. En jeu : une possible dissolution de ses structures, en France, de ce qui est considérée comme une secte en France, mais comme une religion aux Etats-Unis.

"Ce procès, c'est quitte ou double", a expliqué Catherine Picard, qui préside l'association de défense des victimes de sectes Unadfi. "C'est un procès en hérésie", a répondu, à l'ouverture de l'audience, la porte-parole de la Scientologie en France, Danièle Gounord, parlant d'"acharnement". Le procès s'est ouvert sans que l'on connaisse la position du parquet, qui s'est cependant prononcé pour l'admission comme partie civile de l'organisation antisectes Unadfi.

Le premier jour d'audience s'est déroulé en l'absence des deux plaignantes. Pierre Rancé a assisté à l'ouverture du procès. Ecoutez son récit :



Six responsables de l'Eglise de scientologie, dont son dirigeant français Alain Rosenberg, 60 ans, font face à trois plaignants - deux ex-adeptes et l'Ordre des pharmaciens. L'accusation a cité comme témoin le parlementaire Jean-Pierre Brard, ancien président de la mission interministérielle sur les sectes. L'avocat des plaignantes, Olivier Morice, a affirmé que la Scientologie avait tenté d'obtenir in extremis le retrait des plaintes moyennant de fortes sommes, mais avait essuyé un refus. Les prévenus ont fait venir quelque 25 témoins, venus défendre ce qu'ils qualifient de "saine pratique".

La justice française reproche à l'Association spirituelle de Scientologie, à sa librairie, la SEL (Scientologie espace liberté) , ainsi qu'à plusieurs scientologues d'avoir soutiré des dizaines de milliers d'euros à quatre anciens adeptes, en profitant de leur vulnérabilité. Les prévenus sont poursuivis pour "escroquerie en bande organisée" mais aussi pour "exercice illégal de la pharmacie", l'association ayant par ailleurs distribué à ses adhérents des vitamines et des traitements relevant du monopole pharmaceutique.

Le procès doit s'achever le 17 juin. L'éventuelle dissolution de la Scientologie ne reste cependant qu'une issue fort lointaine, car si elle était prononcée, elle devrait être confirmée en appel puis en cassation.