La santé mentale du meurtrier de Marion, 14 ans, au cœur du procès

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La santé mentale du meurtrier de Marion, 14 ans, au cœur du procès
@ DAMIEN MEYER / AFP
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L’adolescente a été tuée en 2012 de 68 coups de couteau. Son meurtrier a reconnu les faits tout en indiquant être investi d’une mission divine. 

L'homme qui a assassiné de 68 coups de couteau une adolescente de 14 ans est-il responsable pénalement? Cette question sera l’enjeu du procès qui s’ouvre ce mardi devant les assises de Loire-Atlantique. Dans le box des accusés, Yannick Luende-Batholo, 25 ans, fera face à la famille de Marion. Le corps sans vie de l’adolescente a été retrouvé le 19 mars 2012, dans des toilettes publiques d'un supermarché de Bouguenais, dans l’agglomération nantaise. En plus d’avoir été poignardée à de multiples reprises, la jeune fille, qui rentrait au domicile de sa mère après deux semaines de fugue, a également été violée. Dans sa folie meurtrière, Yannick Luende-Bothelo a agressé deux hommes de 67 et 80 ans, blessant grièvement l’un d’eux.

Cet ancien toxicomane, déjà condamné à dix reprises, était parvenu à se débarrasser de son bracelet électronique peu avant le meurtre. Interpellé dix jours après les faits, il n’a pas cherché à nier, expliquant seulement être investi d’une "mission" divine. La mort de la jeune femme était son "destin", a-t-il affirmé aux enquêteurs, avant de préciser être "Dieu". Un couteau et le téléphone portable de sa jeune victime ont également été retrouvés sur lui. Il s’en serait servi pour "appeler directement Nicolas Sarkozy", le président de la République de l’époque, afin de lui réclamer les pleins pouvoirs.

Schizophrénie paranoïde. La santé mentale de l’accusé a longtemps entretenu le doute sur sa capacité à être jugé. Les quatre expertises psychiatriques ont reconnu qu’il souffrait d’une "schizophrénie paranoïde" et de "troubles psychotiques" mais deux ont, malgré tout estimé, que son discernement était non pas "aboli", mais seulement "altéré". En clair, qu’il pouvait comparaître devant une cour d’Assises, ainsi que l’espérait la famille de la victime.

Pour autant, la question n’est pas totalement tranchée. Depuis deux ans, Yannick Luende-Bothelo s’est totalement muré dans le silence, il refuse les expertises mais également d’être extrait de sa cellule, même pour la promenade. Ses avocats espèrent amener les jurés à reconnaître l’irresponsabilité pénale de leur client. Dans ce cas, il pourrait être acquitté pour raisons médicales. Il ne serait pas pour autant libéré, mais hospitalisé sous contrainte dans une unité pour malades dangereux.