La réclusion criminelle à perpétuité requise contre le tueur d'Istres

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La réclusion criminelle à perpétuité requise contre le tueur d'Istres
Karl Rose comparaît depuis une semaine devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône.@ BERTRAND LANGLOIS / AFP
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Karl Rose est jugé pour le avoir tué trois personnes avec une kalachnikov dans les rues d'Istres au printemps 2013.

L'avocat général Olivier Couvignou a requis mercredi la réclusion criminelle à perpétuité à l'encontre de Karl Rose, jugé depuis une semaine par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône pour avoir tué trois personnes avec une kalachnikov dans les rues d'Istres. Le magistrat a demandé aux jurés de prendre en compte "l'altération du discernement" de l'accusé, mais de la placer "dans son juste périmètre" et de "conserver" la peine maximale prévue par la loi. Le 25 avril 2013, Karl Rose a tué Serge Shorjian, Patrice Martinez et Pierre Tanneux au hasard dans les rues d'Istres, après une banale dispute avec son père.



Olivier Couvignou insiste encore sur "la préméditation sans visage", avec des victimes "choisies arbitrairement", "des gens paisibles cueillis à froid, éparpillés en un quart d'heure par la folie meurtrière d'un homme qui n'est pas fou". Mardi, l'expert psychiatre Frédéric Meunie avait écarté tout "abolition du discernement", mais avait parlé d'une "atteinte de la perception". "Pour autant, il n'y a pas d'atteinte intellectuelle. Il était capable de savoir que ce qu'il faisait était violent et il pouvait se déterminer", avait-il précisé.

Verdict attendu jeudi. En défense, Me André Floiras est longuement revenu sur l'enfance chaotique de l'accusé: entre "un père abandonnique qui télécharge des images pédopornographiques" et une "mère étouffante", "se construire, c'est compliqué", souligne-t-il, demandant aux jurés de prendre cet aspect en compte. Décrivant une mère qui le harcèle, lui et son cabinet, Me Floiras affirme: "Quand il vous dit ce qu'il vous dit de sa mère, ce n'est peut-être pas complètement faux."

Au début du procès, l'accusé, qui passait avant le drame 23 heures sur 24 seul dans sa chambre, surfant sur internet, avait mis en avant sa "haine des adultes", reprochant à sa mère des "séquestrations" et à son père des "saloperies". Le verdict est attendu jeudi après les plaidoiries des deux autres avocats de la défense.