La plupart des ados de l'OCDE satisfaits de leur vie

  • A
  • A
La plupart des ados de l'OCDE satisfaits de leur vie
Le rapport ne relève pas de lien entre le temps consacré aux études (à l'école et/ou à la maison) et la joie de vivre des élèves.@ RHONA WISE / AFP
Partagez sur :

Autre enseignement du rapport, l'augmentation du temps consacré par les ados à Internet. 

La plupart des ados sont satisfaits de leur vie, mais une partie d'entre eux sont victimes de harcèlement scolaire et certains passent un temps "excessif" sur internet, s'inquiète l'OCDE dans un rapport sur le bien-être des élèves dans les pays développés.

Quatre domaines analysés. Lors de la réalisation de l'étude Pisa 2015 sur les connaissances et compétences des élèves de quinze ans, dont les principaux résultats ont été publiés en décembre, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a aussi recueilli des données sur le bien-être de ces adolescents, compilées dans un rapport thématique publié ce mercredi. Quatre domaines ont été passés au crible : leurs résultats à l'école, leurs relations avec leurs camarades et leurs professeurs, leur vie à la maison et ce qu'ils font de leur temps libre.

L'école, "un lieu de souffrance". La plupart se disent satisfaits de leur vie, lui accordant une note moyenne de 7,3 sur 10 (7,63 en France). Toutefois, près de 12% des élèves de l'OCDE sont insatisfaits (7,4% en France) et cette proportion dépasse 20% en Corée et Turquie. Les garçons (39%) se disent davantage très satisfaits de leur vie que les filles (29%). A contrario, la différence est faible entre les meilleurs et les moins bons élèves. Pour certains toutefois, l'école est "un lieu de souffrance".

17% à se sentir "hors du coup" à l'école. Ainsi, dans 34 territoires parmi 53 pays membres et partenaires étudiés, plus de 10% des élèves disent que leurs camarades se moquent d'eux plusieurs fois par mois. Environ 4% ont été frappés ou bousculés à plusieurs reprises dans un mois, tandis que 7,7% ont été victimes de harcèlement physique plusieurs fois dans l'année. Parmi les élèves fréquemment harcelés, 42% ne se sentent pas à leur place à l'école. De manière générale, ils sont 17% à se sentir "hors du coup" à l'école, une proportion qui monte à 23% en France.

Le lien élève-professeur responsable.Le rapport ne relève pas de lien entre le temps consacré aux études (à l'école et/ou à la maison) et la joie de vivre des élèves. En revanche, la qualité des relations avec leur profs joue un rôle non négligeable dans leur bien-être. Les jeunes faisant état de relations positives avec leurs profs se disent davantage heureux de vivre tout comme ceux dont les parents réservent du temps pour discuter avec eux. Un élève sur cinq s'estime injustement traité par ses professeurs plusieurs fois par mois."Il reste en France encore une culture particulière", explique Francesco Avvisati, l'un des auteurs de cette etude. "Les élèves ont le sentiment de ne pas être aidés mais il y a une pression à être le meilleur de sa classe et ça cela peut être une source d'angoisse".

Les pouvoirs publics ne devraient pas définir le rôle des enseignants "uniquement sur la base du nombre d'heures d'enseignement", préconise l'organisation. Les profs devraient aussi "être encouragés" à collaborer et à échanger avec leurs collègues sur "les difficultés, les qualités et la personnalité" des élèves pour contribuer à leur bien-être à l'école.

Le temps passé sur Internet en hausse. Autre enseignement du rapport, l'augmentation du temps consacré par les adolescents à Internet : en moyenne plus de deux heures après l'école et plus de trois heures par jour le weekend. Et plus de la moitié se sentent mal quand ils n'ont pas d'accès à internet. Plus d'un quart des jeunes interrogés (26%) passent plus de six heures par jour sur Internet le week-end, et 16% y consacrent plus de six heures par jour en semaine. Ces usagers "excessifs" d'internet sont davantage susceptibles de se sentir seuls à l'école, de moins se projeter dans des études futures et arriver plus souvent en retard en cours.

En France, ils sont également plus nombreux à ne jamais faire de sport en dehors de l'école. Or ces habitudes jouent sur le moral. D'après cette étude, les élèves sportifs sont plus motivés, moins anxieux et souvent moins victimes de brimades à l'école.