La justice ordonne une expertise médicale de Liliane Bettencourt

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La justice ordonne une expertise médicale de Liliane Bettencourt
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Une fois le résultat connu, au printemps 2010, la justice se penchera sur le fond du dossier, l'abus de faiblesse présumé.

Ce sera un élément clé de ce dossier. Avant le 10 mars 2010, trois médecins doivent rendre un rapport d'expertise médicale de Liliane Bettencourt. L'héritière de L'Oréal, âgée de 87 ans, a, jusqu'à présent, toujours refusé cette procédure. Une fois les résultats connus, la justice se penchera sur le fond du dossier, l'abus de faiblesse présumé, les 15 et 16 avril prochains.

Après deux ans de bagarre par avocats interposés, Françoise Bettencourt-Meyers, la fille de Liliane Bettencourt, a donc obtenu vendredi du tribunal correctionnel de Nanterre qu'il lance la machine judiciaire. Françoise Bettencourt-Meyers accuse François-Marie Banier, un photographe, d’avoir spolié sa mère qui lui a donné plusieurs centaines de millions d'euros sous forme de chèques, contrats d'assurance-vie ou tableaux de maîtres. Un abus de faiblesse que la principale intéressée nie. "Ce que j'ai donné à François-Marie Banier, bien qu'important, n'est pas très élevé en proportion", affirmait-elle dans sa seule interview sur l'affaire, en décembre 2008 dans le JDD.

"Est-ce qu'une fille, orpheline de son père, fille unique de sa mère, qui voit malheureusement celle-ci décliner, qui la voit sous la mainmise d'un prédateur (...) doit rester taisante, ne rien dire, ne rien faire?", avait demandé l'avocat de Françoise Bettencourt-Meyers, Me Olivier Metzner, lors de sa plaidoirie. "Qui détruit qui? Qui harcèle qui? Qui provoque une démolition mentale ou tente de le faire ? C'est Mme Meyers", avait répondu l'avocat de Liliane Bettencourt, Me Georges Kiejman.

La justice n'a cependant pas accédé à toutes les requêtes de Françoise Bettencourt-Meyers cette semaine. Sa demande de mise sous protection judiciaire de sa mère a été retoquée mercredi par le juge des tutelles du tribunal d'instance de Neuilly-sur-Seine, faute d'éléments médicaux suffisants.

Pour la première fois depuis la révélation de l'affaire, François-Marie Banier était sorti du silence mercredi. "Il s'agit de dons, que j'ai longtemps refusés. Ces dons viennent d'une femme totalement lucide" et "libre", avait-il expliqué dans un long entretien au Monde daté de jeudi, se disant "très serein" en cas de procès. Si la procédure allait à son terme, François-Marie Banier encourrait trois ans de prison et 375.000 euros d'amende.