"La justice n'interfère pas dans la campagne, elle fait son travail"

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"La justice n'interfère pas dans la campagne, elle fait son travail"
Virginie Duval a réagi aux propos de François Fillon, mercredi sur Europe 1. @ DR
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Pour Virginie Duval, présidente de l'Union syndicale des magistrats (USM), les propos de François Fillon sur la justice sont "inadmissibles". 

INTERVIEW

François Fillon a appris mercredi qu'il était convoqué par trois juges d'instruction le 15 mars en vue d'être mis en examen dans le cadre de l'enquête sur les emplois fictifs présumés de son épouse et de ses enfants. Dans une déclaration aux médias, le candidat LR à l'élection présidentielle a assuré qu'il se rendrait à cette convocation, tout en dénonçant une instrumentalisation de la justice pour un "assassinat politique". Après le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas, qui a estimé que "le travail en cours n'a pas a être commenté" et se fait "en toute indépendance", la présidente de l'Union syndicale des magistrats (USM) - une formation apolitique -, Virginie Duval a critiqué des propos "inadmissibles", mercredi soir sur Europe 1. 

"La suite logique de la procédure". "En laissant entendre que la justice assassine l'élection présidentielle, on oppose les institutions de la République et on dit que la justice n'est pas un pilier de la démocratie, ça pose vraiment problème", estime Virginie Duval. "On laisse penser que c'est la justice qui fomente un coup d'État. La réalité, c'est que des faits ont été révélés, qu'il faut une enquête et que ceci n'est que la suite logique de toute la procédure qui a déjà été entamée."

Des hommes politiques pas "au-dessus des lois". "La justice n'interfère pas dans la campagne, elle fait son travail", ajoute la présidente de l'USM, qui rappelle que "Monsieur Fillon est un justiciable comme un autre". Et de balayer l'idée même d'une "trêve judiciaire" le temps de la campagne présidentielle : "Ça voudrait dire que les hommes politiques qui sont candidats à l'élection présidentielle sont au-dessus des lois. Est-ce que nos concitoyens ont envie de ça ? En tout cas, ni la Constitution ni la loi ne l'ont jusqu'à présent prévu et ça paraît tout à fait inadapté, car ça laisserait penser que tout monde n'est pas soumis aux mêmes règles."