Agriculteurs bretons : les raisons de la colère

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Agriculteurs bretons : les raisons de la colère
En septembre dernier, les agriculteurs bretons s'étaient rendus en tracteur à Paris pour demander des solutions d'urgence face à la crise du secteur.@ FRED TANNEAU / AFP
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Les agriculteurs veulent bloquer une route nationale à Saint-Brieuc pour alerter le gouvernement sur l'état de la filière de l'élevage.

Frapper fort. Après l'action des "Bonnets Roses" la semaine dernière au marché de Plérin, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs lancent une opération mercredi matin dans les Côtes d'Armor, pour alerter sur la situation des filières de l'élevage. Les syndicats appellent à bloquer la route nationale 12 dans les deux sens à Saint-Brieuc, en créant une ZAD, une zone agricole en danger, avec une dizaine de tracteurs et des centaines d'exploitants.

"Les gens sont au bout du rouleau". "On est tous en train de mourir ici, et personne ne nous entend. Ils annoncent près de 500 dépôts de bilan avant fin février. Je suis incapable de sortir un centime pour implanter mon maïs. Cela fait huit mois que ça dure, ce n'est plus possible", estime Nicolas, producteur de porcs près de Plancoët. "On demande à Manuel Valls de venir sur place se rendre compte du drame. La colère est tellement énorme aujourd'hui qu'il ne va pas avoir d'autre choix que de descendre, parce que les gens sont au bout du rouleau, donc ils sont prêts à tout. On ne se laissera pas tous mourir comme ça, en silence, sans que personne ne s'en aperçoive. On parle de 356 suicides à l'année et personne ne dit rien."

"On n'est pas des terroristes". Au fil des mois, les esprits se radicalisent. Certains redoutent des dérapages. "J'ai peur qu'il y en ait qui passent à l'acte, qui mettent le feu aux grandes surfaces", confie Pierre, qui élève une centaine de vaches à Pluduno. "Si on est 1.000, 2.000, 3.000, ça peut faire peur. C'est quand même dommage, si on est obligés, nous, agriculteurs, d'aller mettre le feu pour sauver notre métier. On n'est pas des terroristes, on est juste des humains qui voulons vivre de notre métier." Si les prix ne remontent pas très vite, 20% des éleveurs de porc et 10% des producteurs de lait bretons risquent de voir leur activité s'arrêter d'ici la fin du premier semestre.