"L'horreur" dans une maison de retraite de Bayonne

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"L'horreur" dans une maison de retraite de Bayonne
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La secrétaire d'Etat Nora Berra a parlé de "situation inacceptable", après la découverte de graves cas de maltraitance.

Pas de violences directes mais des conditions d'hygiène, de soins et de service assimilables à des "violences" commises sur "personnes vulnérables" : les policiers ont découvert lundi dans la maison de retraite Les Colombes à Bayonne de graves cas de maltraitance. Au moins deux des 15 pensionnaires, âgés de 80 à 95 ans, étaient attachés dans leur lit, hors de toute prescription médicale.

L’alerte a été donnée fin septembre par une infirmière amenée à effectuer des soins dans l’établissement. "C’est un établissement pour lequel on avait déjà eu des pressentiments parce qu’il y avait eu des plaintes. On avait fait un contrôle mais on n’avait pas eu de preuves", a expliqué Michèle Coiffe, de la DDASS des Pyrénées Atlantiques. Cette maison de retraite accueillait une quinzaine de pensionnaires. Etablissement privé, elle n’était pas médicalisée et avait simplement reçu un agrément du Conseil général.

La gérante de cette maison de retraite, une personne âgée de 70 ans interpellée lundi, a été mise en examen mercredi pour "faits de violence n'ayant pas entraîné d'incapacité de travail (...) commis sur personnes vulnérables". Les pensionnaires ont tous été relogés mercredi car le préfet des Pyrénées-Atlantiques a pris la décision de fermer l'établissement immédiatement.

"Cette maison existait depuis 10 ans, il y avait une forme de conspiration du silence qui est liée à une peur de notre société : peur des agents qui travaillent et qui ne veulent pas être licenciés, et peur des familles face aux mesures de rétorsions contre leurs pensionnaires", a analysé sur Europe 1 le professeur Jacques Soubeyrand.

"C’est une véritable horreur, une situation inacceptable", a réagi Nora Berra. "Je m’insurge contre tous ceux qui sont témoins de cas de maltraitance et qui se taisent. A partir du moment où ils se taisent, ils sont complices", a insisté la secrétaire d’Etat en charge des Aînés. Elle a annoncé un recensement de toutes les structures privées qui accueillent des personnes âgées.