L'ex-détenu de Guantanamo hospitalisé en France

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L'ex-détenu de Guantanamo hospitalisé en France
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L'Algérien Lakhdar Boumediene, ancien détenu de Guantanamo arrivé vendredi en France, se trouvait samedi à l'hôpital militaire Percy à Clamart, à l'ouest de Paris. Une admission entourée de la plus grande discrétion.

L'Algérien Lakhdar Boumediene, 42 ans, ex-détenu de Guantanamo innocenté par la justice américaine, est arrivé vendredi en France où il va désormais vivre, a annoncé le ministère français des Affaires étrangères. L'ex-détenu devait retrouver en France sa femme Abassia Bouadjimi et leurs deux filles, Radjaa, 13 ans, et Rahma, 8 ans, arrivées d'Algérie depuis peu. Il est hospitalisé depuis samedi à l'hôpital militaire de Percy à Clamart pour des examens.

La France est le premier pays de l'Union européenne à accueillir un détenu libéré de Guantanamo, qui ne soit ni un résident ni un citoyen français, sur la foi de la promesse du président américain Barack Obama de fermer la prison. Le président français Nicolas Sarkozy avait officiellement annoncé le 3 avril que la France acceptait de recevoir un ancien prisonnier de Guantanamo et le Quai d'Orsay avait précisé ensuite qu'il s'agissait de Lakhdar Boumediene.

Lakhdar Boumediene était emprisonné depuis plus de sept ans et observait une grève de la faim depuis plus de deux ans. Il était nourri de force. Arrêté à l'automne 2001 avec cinq autres Algériens en Bosnie, où il résidait légalement, Lakhdar Boumediene avait été remis aux autorités américaines sous le soupçon qu'il fomentait un attentat contre l'ambassade américaine de Sarajevo. Il avait ensuite été transféré à Guantanamo dans les premiers jours d'existence de la prison, avec ses cinq compagnons d'infortune. Les accusations sont très vite tombées mais tous étaient restés enfermés, en criant leur innocence.

Après des années de bataille judiciaire et une décision de la Cour suprême qui porte son nom, ce n'est qu'en novembre 2008 que Lakhdar Boumediene et quatre autres Algériens ont été définitivement innocentés par un juge fédéral américain. En rendant sa décision, le juge américain avait tancé l'administration de George W. Bush pour l'insignifiance des éléments à charge.