L’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris (II)

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L’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris (II)
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DOSSIER - Elf, Urba, les HLM de Paris, Clearsteam... Retour sur les grandes affaires dont le juge d’instruction fut un personnage clé.

Longtemps surnommé par ses détracteurs "l’homme le plus puissant de France", le juge d’instruction ne traite pourtant que 5% des affaires. Mais il s’agit des plus sensibles. Ainsi, ces vingt dernières années, le juge d’instruction a bousculé le monde politique et financier par ses enquêtes sur la corruption et les détournements de fonds.

Alors que Nicolas Sarkozy et le comité Léger préconisent la suppression de cette fonction au cœur du système pénal français, retour sur les grandes affaires dont le juge d’instruction fut un personnage médiatique majeur dans les années 90.

> L’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris (II)

En 1995, le juge d’instruction Eric Halphen dévoile des irrégularités concernant la prise en charge des salaires de deux secrétaires du RPR par une entreprise de BTP, Les Charpentiers de Paris. Ces faits sont transmis au tribunal de Nanterre qui ouvre une instruction, confiée à Patrick Desmure.

Trois plus tard, lors de son enquête, le juge Desmure découvre que la Ville de Paris a également salarié des permanents du RPR et met en examen l’ancien premier ministre Alain Juppé et Michel Roussin, le premier en qualité d'ex-adjoint aux finances de la mairie de Paris et secrétaire général du RPR, le second comme ancien chef de cabinet de Jacques Chirac, maire de la ville.

En revanche, Patrick Desmure se déclare incompétent pour enquêter sur un document visant directement le président en exercice, Jacques Chirac.

En 2004, Alain Juppé est condamné à 18 mois de prison avec sursis et écope automatiquement de 10 ans d'inéligibilité. Il fait appel ainsi que cinq autres prévenus, dont Louise-Yvonne Casetta.

"Le juge est allé trop loin", affirme alors sur France 2, Eric Woerth, trésorier de l’UMP :

En appel Alain Juppé est condamné à 14 mois de prison avec sursis et une peine complémentaire d'un an d'inéligibilité par la cour d'appel de Versailles, qui l'a reconnu coupable de "prise illégale d'intérêt".

Outre le fait d’avoir ébranlé les politiques, les juges d’instruction ont également fait vaciller le monde économique. C’est notamment le cas avec l’enquête d’Eva Joly dans l’affaire Elf.

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