"Jungle" de Calais : un coup de balai pour rien ?

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"Jungle" de Calais : un coup de balai pour rien ?
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Sur les 130 majeurs interpellés mardi à Calais, plus de 80 ont été remis en liberté. Le cas des mineurs n’est, quant à lui, pas réglé.

Arrêtés mardi au petit matin lors d’une opération largement médiatisée dans la "jungle", ils pourraient d’ores et déjà retrouver la liberté. Sur les quelque 130 étrangers majeurs interpellés mardi à Calais et placés en rétention, les juges des libertés ont d'ores et déjà demandé la libération de plus de 80 d'entre eux. En cause : des irrégularités dans la procédure, des "erreurs préjudiciables aux droits des personnes".

Un véritable "couac", estime Patrick Peugeot, le président de la Cimade, jusqu’à présent la seule association présente dans les centres de rétention. "C'est étonnant pour une opération annoncée une semaine à l'avance", a pointé du doigt Jérôme Martinez, un autre responsable de la Cimade, pour qui "on aurait pu croire que les autorités auraient mis les moyens pour s'assurer de la légalité de la procédure".

Dans la majorité des cas, les différents parquets concernés ont fait appel des demandes de libération des personnes interpellées. Des décisions définitives sont attendues notamment lundi.

Sur les 278 personnes arrêtées mardi, 22 avaient été remis en libertés dès mardi soir. 125 ont par ailleurs déclaré qu’elles étaient mineures. Elles n’ont pas été placées en garde à vue mais ont été accueillies en urgence. "Dans des conditions précaires", a déploré vendredi le socialiste Dominique Dupilet. Le président du conseil général du Pas-de-Calais a dit attendre "du ministre de l'Immigration (...) Eric Besson qu'il assume pleinement toutes les conséquences et que des prises en charge adaptées soient proposées aux mineurs interpellés".

A Calais et dans les environs, des mini-jungles ont déjà remplacé la "jungle". Un petit campement a ainsi été évacué vendredi matin à la sortie de la ville. Une dizaine de Kurdes d’Irak ont été interpellés par les forces de l'ordre, qui ont détruit leur campement de fortune.