Intrusion à Fessenheim : prison avec sursis pour 55 écologistes

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Intrusion à Fessenheim : prison avec sursis pour 55 écologistes
Les militants de Greenpeace qui s'étaient introduits dans la centrale haut-rhinoise ont été condamnés jeudi à deux mois de prison avec sursis.@ MaxPPP
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Les militants de Greenpeace qui s'étaient introduits dans la centrale haut-rhinoise ont été condamnés jeudi à deux mois de prison avec sursis.

Une intrusion spectaculaire. Le tribunal correctionnel de Colmar a condamné jeudi 55 militants de Greenpeace à des peines de deux mois de prison avec sursis pour une spectaculaire intrusion en mars dans la centrale nucléaire de Fessenheim, dans le Haut-Rhin. Le tribunal les a jugés coupables de violation de domicile, mais les a relaxés des faits de "dégradations" constatées sur les lieux. Le procureur de Colmar, Bernard Lebeau, avait auparavant requis des peines de trois à quatre mois de prison avec sursis.

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"Ça me paraît raisonnable". C'est une décision proportionnée aux faits, ça me paraît raisonnable", a commenté l'avocat de l'organisation écologiste, Me Alexandre Faro. "Ce ne sont pas les militants de Greenpeace qui devraient être à la barre, c'est le procès du nucléaire en France qu'il faudrait faire", a commenté Cyrille Cormier, l'un des porte-paroles de Greenpeace. "Nous continuerons par nos actions à dénoncer la décision de prolonger la vie des réacteurs, car ce n'est pas la criminalisation des militants qui protégèra la population en cas d'accident", a-t-il ajouté.

Trois militants présents à la barre. "Ce débat (sur l'énergie nucléaire) me paraît complètement légitime, mais je ne peux, en tant que citoyen et en tant que procureur, cautionner les actions de Greenpeace, lorsqu'elles sont illégales", avait expliqué le procureur. Sur les 55 militants jugés jeudi pour "violation de domicile" et "dégradations", seuls trois -deux Français et un Allemand- se sont présentés à la barre, pour revendiquer la "légitimité" de leur action. 

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Une banderole déployée. Arrivés à Fessenheim au petit matin du 18 mars à bord de camions, et munis d'échelles, les militants -d'une vingtaine de nationalités- avaient réussi leur opération surprise. La plupart avaient été interpellés rapidement, mais certains s'étaient hissés jusqu'au sommet du dôme d'un réacteur, où ils avaient déployé une banderole, avant d'en être délogés par les forces de l'ordre.

Greenpeace, coutumier de ce genre d'action. Cette intrusion était la 12e opérée par Greenpeace dans une centrale nucléaire depuis 2007. Les condamnations rendues par les différents tribunaux saisis de ces faits n'ont jamais excédé six mois avec sursis, selon Me Faro.