Inondations : Valls annonce la création d'un "fond d'extrême urgence"

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Inondations : Valls annonce la création d'un "fond d'extrême urgence"
Une route en partie inondée dimanche dans l'Eure. @ JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
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Onze départements étaient maintenus en vigilance orange lundi matin.

L'ESSENTIEL

Manuel Valls a réuni lundi au ministère de l'Intérieur, les ministres de l'Environnement Ségolène Royal, de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, des Finances Michel Sapin, des Collectivités territoriales Jean-Michel Baylet et de l'Economie Emmanuel Macron pour faire le point complet de la situation alors que la menace d'importantes inondations s'éloigne en France. À l'issue de cette réunion, il a annoncé le déblocage d'un "fond d'extrême urgence" destiné aux victimes des inondations.

Les principales infos à retenir :

  • Lundi, le Premier ministre a annoncé la création d'un "fond d'extrême urgence" qui sera géré par les préfets.

  • La secrétaire d'Etat à l'Aide aux victimes reçoit lundi les assureurs afin d'étudier comment "simplifier et accélérer l'indemnisation".

  • La décrue de la Seine se poursuit mais douze départements restent encore un vigilance orange.

Un milliard d'euros. La menace d'importantes inondations en Normandie semblait s'éloigner dimanche soir, une semaine après le début des intempéries qui ont fait quatre morts, 24 blessés et des dégâts dont le coût pourrait dépasser le milliard d'euros. Au total, 11 départements étaient encore en vigilance orange inondations lundi matin, dans la région Centre, et Normandie et en Île-de-France. Des centaines de communes touchées, des gares inondées, des milliers d'entreprises et de commerces affectés par une semaine de crue, sans oublier les agriculteurs et les particuliers sinistrés notamment : les premières évaluations et la liste des dépenses à venir laissent entrevoir un coût supérieur au milliard d'euros. Quatre morts sont à déplorer ainsi que 24 blessés dans toute la France, a précisé Manuel Valls pendant le week-end. L'origine de la mort d'une octogénaire reste toutefois incertaine.

Les assureurs reçus lundi. Pour "simplifier et accélérer l'indemnisation" des sinistrés, Juliette Méadel réunit lundi matin les assureurs au secrétariat d'Etat à l'Aide aux victimes. Elle a souhaité déjà dimanche soir, sur France 3, que "les assurances fassent un effort sur les formalités (...) Il faudrait ne pas exiger un nombre incroyable de factures (...) L'objectif c'est que ce soit simple".

Mardi, ce sera au tour du ministre de l'Économie Emmanuel Macron de réunir à Bercy la cellule de continuité économique pour étudier les conséquences des intempéries mais aussi des récents mouvements sociaux en France pour les entreprises.

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capture d'écran


La Normandie moins menacée. L'aval de la Seine, de Poses dans l'Eure à l'estuaire, en passant par la zone sensible de la boucle d'Elbeuf en Seine-Maritime était toujours placé en vigilance orange. 

Un coefficient de marée élevé pendant la nuit de dimanche à lundi, vers 4h du matin a fait monter la Seine notamment à Elbeuf et à Rouen où les quais ont été à nouveau envahis. Mais cette montée n'a pas été suffisante pour menacer les habitations à Elbeuf, plus proches de l'eau qu'à Rouen. Aucune intervention de pompiers n'avait été signalée en début de matinée par les autorités. "La nuit s'est bien passée", a indiqué un responsable de la préfecture de Seine-maritime. "On est plutôt en voie de décélération", a-t-il ajouté.

L'après-crue dans le Loiret. Ailleurs, l'après-crue s'organise. Ainsi, au nord d'Orléans dans le Loiret, une opération d'envergure a permis d'évacuer dimanche les 200 voitures bloquées depuis mardi entre deux nappes d'eau sur une portion de l'A10 et d'entamer l'évacuation de la centaine de poids-lourds. Après la création d'un corridor sec, l'évacuation des voitures à l'aide de dépanneuses, débutée dans la matinée, s'est achevée en début d'après-midi. En début de soirée, ne restait plus qu'une cinquantaine de camions à débloquer.

Décrue de la Seine. À Paris, la décrue s'est confirmée, le niveau de la Seine est redescendu à 5,47 m à 1 heure du matin lundi contre 6,10 m dans la nuit de vendredi à samedi. Il s'agit de la plus forte crue depuis 1982 dans la capitale (6,18 m cette année-là), très loin cependant de celle de 1910 (8,62 m). En Indre-et-Loire, le débit du Cher s'est stabilisé mais restait au-dessus de la cote d'alerte. Quelque 850 personnes évacuées à titre préventif jeudi et vendredi à l'ouest Tours n'ont toujours pas été autorisées à regagner leurs logements. Le château de Chambord, fermé depuis 5 jours, rouvrira lundi.