Infrastructures, emplois, transports : que restera-t-il des Jeux olympiques après 2024 ?

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Infrastructures, emplois, transports : que restera-t-il des Jeux olympiques après 2024 ?
Les Jeux olympiques seront un événement populaire immense.@ FRANCK FIFE / AFP
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L’enjeu majeur des Jeux olympiques de Paris 2024 sera de donner une seconde vie aux logements, centres sportifs construits pour l'occasion ainsi que les réseaux de transports mis en service d'ici-là.

Paris vient tout juste d’obtenir officiellement l’organisation des Jeux olympiques de 2024 mais la capitale regarde déjà vers l’avenir. Au-delà du pari de faire de ces JO une fête populaire, le comité de candidature s’est fixé un autre objectif ambitieux : un plan de transition. Pour Paris, il s’agit de faire en sorte que les logements et les centres sportifs construits pour l’événement, soient rendus, après les Jeux, aux Français. Sous réserve que ce plan soit bel et bien appliqué après 2024, les Franciliens bénéficieront de plusieurs améliorations notoires.

Une piscine olympique et une nouvelle arena

C’est une évidence, mais toutes les infrastructures existantes perdureront après les JO de 2024. Parmi les lieux à construire, plusieurs sont voués à être réutilisés par les Français. En premier lieu, le Centre aquatique, qui accueillera les compétitions de natation, nage synchronisée et plongeon, à Saint-Denis, sera conservé. "Il est acté qu’elle doit servir au territoire, aux associations, aux écoliers", se réjouit Laurent Russier, maire de la ville, dans Le Parisien, même s’il reconnaît qu’il faudra se battre. "Il faudra un gestionnaire prêt à investir de l’argent. La Fédération française de natation, la métropole du Grand Paris et Plaine Commune devraient prendre leur part dans le fonctionnement de cet équipement."

Autre centre sportif durable, la Paris Arena II (la I étant l’AccorHotels Arena). Il s’agit d’un nouveau palais omnisports de 8.000 places (15.000 à Bercy) où se dérouleront les épreuves de lutte et certains matches de basket. Il sera situé à proximité de son grand frère, le long des quais dans le 12ème arrondissement de Paris. La Paris Arena II pourrait voir le jour dès 2021 et accueillir le PSG Handball et le Paris-Levallois Basket, une fonction qu’elle conservera après 2024.

Des sites rénovés et des écrins éphémères

Parmi les sites qui bénéficieront d’une seconde vie, on peut ajouter la piste de VTT de la colline d’Élancourt, dans les Yvelines. Déjà existante, elle sera rénovée et servira après les JO de parc dédié aux sports extrêmes. Les habitants de Colombes auront la joie de voir le stade Yves du Manoir (ex-résidence du Racing 92, également hôte des JO de Paris 1924) rénové, pour accueillir le… hockey sur gazon. Il pourra contenir 15.000 spectateurs (1.000 de plus qu’aujourd’hui). Après les Jeux, le stade servira à l’équipe de hockey locale.

En revanche, les escrimeurs amateurs ne devront pas s’attendre à pouvoir croiser le fer au Grand Palais une fois les JO de Paris terminés. De même pour les amoureux du cheval qui ne pourront imiter les meilleurs dresseurs du monde aperçus en 2024 au Château de Versailles.

Cartes sites JO 2024 Paris

La plupart des sites existent déjà. © Sabrina BLANCHARD, Paz PIZARRO / AFP


Un quartier moderne et des nouveaux logements

A côté des infrastructures sportives, deux complexes en béton seront élevés en proche banlieue. Le Village olympique et paralympique, bâti sur 50 hectares en Seine-Saint-Denis à proximité de la Cité du cinéma de Luc Besson, hébergera 17.000 personnes dont 10.000 athlètes. "C'est un peu une cité jardin. Les bâtiments ne sont pas de très grande hauteur", précise l'architecte Dominique Perrault, sur France 3. Le site, actuellement en friche, sera recyclé après les JO : des logements, commerces, start-up, logements et espaces verts formeront un nouveau quartier moderne.

Le parc des expositions du Bourget sera, de son côté, utilisé pour le Centre des médias. Mais c’est surtout, le Village des médias, construit à proximité sur le site de Dugny-Le Bourget, qui intéressera les locaux. En vue d’accueillir les journalistes et les équipes techniques qui couvriront l’événement, pas moins de 1.500 appartements (T1 à T3) seront construits, avec une capacité d’accueil de 4.000 personnes. L’ensemble sera mis à disposition des habitants après 2024.


Un réseau de transport flambant neuf

Paradoxalement, l’amélioration de la vie quotidienne post-2024 la plus palpable pour les Franciliens, ne sera pas directement liée aux Jeux olympiques, puisqu’il s’agit des transports en commun. Paris mise énormément sur le Grand Paris Express, métro de 200 kilomètres qui fera le tour de la capitale, pour transporter la foule venue assister aux JO. La mise en service complète est prévue pour 2030 mais dès 2024, quatre lignes seront en circulation : 15 sud, 16, 17 et 18 (ainsi que le prolongement de la 14). Le village olympique sera desservi par la gare Pleyel, reliée aux lignes 14, 15, 16 et 17. Enfin le Charles-de-Gaulle Express, qui reliera l’aéroport à la gare de l’Est, sera également en service.

Dans la lignée du plan vélo lancé par Anne Hidalgo dans Paris intra-muros, les Jeux pourraient également profiter aux cyclistes. L’association Paris en selle demande que les JO-2024 soient "les premiers Jeux 100% accessibles à vélo de l’histoire". Pour cela, il faudrait aménager des pistes cyclables entre les différents sites olympiques et pour relier la capitale à la Seine-Saint-Denis.

Les emplois, le bémol du projet

Le comité de candidature de Paris 2024 ne s’est pas risqué à chiffrer précisément les éventuelles retombées en termes d’emploi. Néanmoins, une étude du Centre de droit et d’économie du sport de Limoges estime que les Jeux vont générer entre 120.000 (scénario pessimiste) et 250.000 (scénario optimiste) emplois pérennes, à compter d’aujourd’hui et jusqu’en 2034. "Ça fait en moyenne 6.000 emplois par an, ce qui est une brindille par rapport au nombre de chômeurs qu'il y a en France", tempère Pierre Rondeau, économiste du sport, sur Europe 1.

Logiquement, c’est le secteur du BTP (de l’ingénieur à l’ouvrier de chantier) qui va le plus bénéficier de ces nouveaux emplois, avec la construction des futurs sites olympiques, des logements mais aussi de la rénovation des infrastructures existantes. Les cabinets de conseil auront également du pain sur la planche pour accompagner l’organisation des JO. Enfin, il faudra des milliers de bras le moment venu, pour accueillir touristes et athlètes et ainsi contribuer à l’organisation minutieuse d’un événement aussi énorme.

Un plan de transition mis en place dès 2018

La pérennité des Jeux sera assurée par une structure nommée "Héritage Paris 2024" et mise en place en mars 2018. Elle réunira des membres du comité d’organisation des JO (COJO) et de l’organisation supervisant le financement (SOLIDEO), des représentants des autorités publiques et du secteur privé, ainsi que des ONG. Un contrat  "définira les responsabilités de chacun en matière d’héritage des Jeux", "en fonction de leurs capacités à contribuer aux différents aspects de l’héritage : sportif, socio-culturel, environnemental, économique et urbain".

"Héritage Paris 2024" prendra comme base de travail le résultat des consultations citoyennes menées pendant la phase de candidature. Paris ne veut pas reproduire les erreurs de Rio 2016, où les plans de transition n’ont que peu été appliqués, voire pas du tout pour certains sites, désormais laissés à l’abandon.