Indemnisation des victimes d'attentat : "il faut que la procédure soit plus humaine"

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Pour Alexis Lebrun, porte-parole d'une association de défenses des victimes de l'attentat du Bataclan, les réformes de l'indemnisation annoncées par François Hollande lundi sont une bonne nouvelle.

INTERVIEW

Alexis Lebrun était au Bataclan, le soir du 13 novembre 2015. Lundi, celui qui est devenu porte-parole de "Life for Paris", une association de victimes d'attentats, était également à la cérémonie d'hommage organisée par l'État. "C'est important pour un certain nombre de victimes d'avoir des moments officiels, où elles peuvent avoir la reconnaissance de l'État par rapport à ce qui s'est passé", a-t-il expliqué au micro d'Europe 1.

"Beaucoup de choses à améliorer". Le porte-parole de "Life for Paris" a salué une cérémonie "faite correctement". Mais s'est surtout félicité des annonces de François Hollande, qui a promis que "le fonctionnement et les règles du Fonds de garantie (des victimes des actes de terrorisme, FGTI) ser[aient] réformés". "Il y a clairement beaucoup de choses à améliorer" dans le système d'indemnisation des victimes d'attentats, a souligné Alexis Lebrun. "Annoncer cette réforme est une très bonne chose." Pour lui, "il faut absolument que la procédure soit plus humaine, que les gens n'aient pas l'impression de faire face à un questionnaire où on coche des cases".

Un processus parfois "mal vécu". De fait, le système d'indemnisation est aujourd'hui parfois "mal vécu" par certaines victimes "car il faut produire un certain nombre de preuves". "Cela peut être un parcours du combattant", a martelé Alexis Lebrun. "Le fonctionnement n'est pas forcément [très] transparent. Prouver que l'on a été victime peut rajouter au traumatisme. On a l'impression que cela ressemble à un barème d'assurance." Si le porte-parole de "Life for Paris" ne s'inquiète pas de l'approvisionnement du FGTI, il se pose en revanche la question du "critère" retenu "entre une personne qu'on considère victime et une autre qu'on ne considère pas victime". La nuance "peut être extrêmement floue et [sujette] à débat."