Incendies : les bonnes pratiques à adopter pour limiter les départs de feu

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Incendies : les bonnes pratiques à adopter pour limiter les départs de feu
Des incendies de forêts ont ravagé des milliers d'hectares dans le Sud-Est.@ VALERY HACHE / AFP
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Selon la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, l’homme est responsable de la quasi-totalité des départs de feu en forêt, à cause de comportements qui peuvent pourtant être maîtrisés.

La quasi-totalité des feux de forêts sont causés par l’homme. "Il n’y a que 1% des feux qui sont supposés d’origine naturelle, et ceux-là sont liés à la foudre", assure à Europe1.fr Eric Rodriguez, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers. "La plupart du temps, c’est bien l’homme qui, par négligence ou malveillance, crée ces départs de feux", ajoute-il, en rappelant : "Les gens n’ont pas conscience qu’une étincelle suffit à brûler des hectares." Alors que les flammes ont déjà ravagé plus de 4.000 hectares de végétations dans le Sud-Est, Europe1.fr rappelle quelques bons gestes à adopter dans les zones classées à risque incendie. 

  • Débroussailler dans son jardin

"C’est une obligation", indique Eric Rodriguez. La loi impose en effet à tout particulier qui vit à 200 mètres autour des zones exposées aux risques d’incendie de forêt de débroussailler son terrain. Il convient aussi d’élaguer les arbres, d’enlever les arbustes sous les arbres, et d’ôter la litière sèche dans un rayon de 10 mètres autour de la maison, conseille le site Prévention incendie.

"Et en débroussaillant, on se protège, on protège sa maison et on protège sa famille", relève Eric Rodriguez. Car sur un terrain parfaitement débroussaillé, le feu passe sans grands dommages. En revanche, il est déconseillé de brûler ces déchets verts, leur combustion étant strictement réglementée, notamment en période estivale. La Fédération nationale des sapeurs-pompiers rappelle qu’en cas d’incendie, une personne est davantage protégée chez elle qu’à l’extérieur, et d'autant plus si les abords de la maison ont bien été débroussaillés. 

Par ailleurs, l’utilisation d’outils générant des flammes ou des étincelles en extérieur peut s’avérer dangereux : "L’année dernière, quelque 3.000 hectares ont brûlé à cause d’un particulier qui faisait des travaux dans son jardin", dans les Bouches-du-Rhône, rappelle Eric Rodriguez.

  • Ne pas laisser traîner les bouteilles en verre

Il est recommandé de ne pas laisser traîner des bouteilles en verre en forêt. Sur le sol, le verre peut en effet produire un effet loupe avec le soleil et enflammer les herbes aux environs. 

  • Ne pas jeter son mégot de cigarette

Il est interdit de jeter son mégot de cigarette sur le bas-côté d’une route qui longe une forêt ou un bois lorsqu’on est en voiture, et cette règle est aussi valable pour les piétons lors d’une promenade. L’incandescence de la cigarette peut rapidement embraser une végétation sèche, prévient le site Prévention incendie. Allumer une cigarette (comme un feu) en forêt est d'ailleurs passible d’une amende de 135 euros. Le préfet de la zone de sécurité Sud, Stéphane Bouillon, a rappelé mardi sur Europe 1 cette règle élémentaire et invité les automobilistes à se munir d’une boîte en métal dans leur véhicule pour y déposer leur mégot.

  • Ne pas faire de feu dans les massifs… y compris des barbecues

Si se faire des grillades au cours d’une randonnée est tentant, ce geste s’avère d’abord dangereux. Allumer un barbecue peut en effet rapidement mettre le feu à la végétation. Ainsi, le Code forestier interdit toute l’année de "porter ou d’allumer un feu à l’intérieur et jusqu’à 200 mètres des bois, forêts, plantations, landes ou maquis".

Et pour ceux qui habitent près d’une zone boisée, le barbecue doit être solidaire d’un mur, porter une cape et se trouver près d’un point d’eau. "On peut faire un barbecue dans son jardin en toute sécurité, mais il faut veiller par exemple au vent, car un seul coup de vent suffit à transporter les étincelles", note Eric Rodriguez. Ainsi, oubliez merguez et autres chipolatas si le vent souffle trop fort dans une zone classée à risque incendie. Chaque préfecture peut par ailleurs réglementer par arrêté l’usage du feu pour les particuliers, comme c’est le cas en région PACA.

  • Respecter les restrictions d’accès aux massifs

En cas de risque d’incendie, les préfectures restreignent aux piétons et aux véhicules les accès aux massifs forestiers. La chaleur, le vent et les mauvais comportements des particuliers peuvent rapidement faire embraser la végétation. "Il est question aussi de sa propre sécurité, puisqu’en se promenant dans un massif forestier classé en risque incendie, on s’expose à un probable départ de feu", note encore Eric Rodriguez. De même, les automobilistes doivent circuler sur les chemins autorisés : le pot d’échappement à haute température peut rapidement enflammer l’herbe sèche. Vous pouvez retrouver ces restrictions de circulation auprès de votre préfecture, ou encore consulter leur compte Twitter. 

Les personnes qui ont causé un incendie des bois, forêts, landes, maquis, plantations et reboisements d'autrui sont punies de six mois de prison et d'une amende de 3.750 euros, ou de l'une de ces deux peines seulement, rappelle le site Prévention incendie. Ces pénalités peuvent être doublées si la personne qui a causé l'incendie n'est pas intervenue immédiatement et/ou si elle n'a pas averti la police ou les autorités.