Immigration : comment la circulaire polémique est-elle appliquée ?

  • A
  • A
Immigration : comment la circulaire polémique est-elle appliquée ?
@ JEFF PACHOUD / AFP
Partagez sur :

En autorisant les contrôles en centres d'hébergement, afin d'identifier les migrants en situation irrégulière, le gouvernement s’est attiré les foudres des associations alors même qu'une loi sur l'immigration et l'asile est en chantier.

Reçues à Matignon jeudi, les associations ont fait part de leur déception face au projet de loi du gouvernement sur l'immigration et l'asile, jugeant le texte déséquilibré. C'est une circulaire datée du 12 décembre qui a mis le feu aux poudres, en autorisant les contrôles dans les centres d'hébergement afin d'identifier les migrants. "Elle est appliquée avec discernement", affirme le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb

Des tentatives de recensement. Sur le terrain, à notre connaissance, il n'y a pas encore eu d'interventions tant redoutées par les associations dans les 140.000 centres d'hébergement d'urgence en France. En revanche, d'autres signes préoccupants alertent Florent Guéguen de la Fédération des Acteurs de la solidarité. "Certains préfets ont demandé à avoir des listes des personnes hébergées. Ça nous inquiète beaucoup parce que le recensement passe par des listes nominatives. Il y a eu des tentatives en Haute-Savoie, et un courrier en Haute-Vienne", pointe-t-il. "Nous ne sommes pas contre les contrôles, mais nous disons que ces contrôles ne peuvent pas avoir lieu dans des lieux de solidarité où les personnes pourraient se sentir piégées".

Pas d'expulsions. Du côté des préfectures, on se veut rassurant. Dans le Nord par exemple, on certifie que les interventions des agents auront lieu uniquement à la demande des associations. Et quoi qu'il arrive, rappelle-t-on du côté du gouvernement, il n'y aura aucune expulsion de ces centres. La mission de la circulaire est confiée à des fonctionnaires, agents de l'Etat ou de l'office de l'immigration - ils devraient être 120 en Ile-de-France -, mais en aucun cas à des policiers.