Immigration : Bruxelles rappelle la France à ses obligations à Mayotte

  • A
  • A
Immigration : Bruxelles rappelle la France à ses obligations à Mayotte
Partagez sur :

La Commission européenne a appelé mardi la France à respecter les droits de l'Homme dans le centre de rétention de Mayotte et à offrir des conditions de vie décentes à ses occupants. La semaine dernière, le journal Libération a dévoilé une vidéo qui montre les conditions de vie des étrangers en attente d’expulsion dans ce centre de rétention. Des images difficilement supportables.

Saleté, promiscuité, pour des hommes, des femmes et des enfants : le journal Libération dévoilait la semaine dernière des images particulièrement choquantes des conditions de vie dans le centre de rétention administrative de Mayotte. Mardi, la Commission européenne a appelé la France à respecter les droits de l'Homme "partout où des violations sont identifiées". Même si Mayotte, situé dans l'Océan indien, "ne fait pas partie de l'Union européenne", c'est "un territoire français d'outre-mer" et "les hommes, les femmes et les enfants retenus dans ce centre ont droit à des conditions de vie décentes", a insisté le porte-parole de la Commission.

Plusieurs organisations non gouvernementales, dont le collectif Migrants d'outre-mer (Mom), ont dénoncé les "conditions inacceptables" des migrants dans le centre de rétention administrative de Pamandzi à Mayotte. De son côté, un responsable français, le contrôleur général des lieux de privation de liberté Jean-Marie Delarue, s'est engagé à procéder à "une analyse approfondie de la situation et à faire les recommandations qui s'imposent". "Depuis 2006, il y a autour de 16.000 reconduites à la frontière par an, mineurs compris, à partir de Mayotte, pour une population de 187.000 habitants. Ce chiffre impressionnant ne saurait être atteint sans violations des droits de l'Homme", a souligné M. Delarue.

La France a fait approuver sous sa présidence de l'UE des règles communes pour la rétention des étrangers séjournant sans autorisation sur le territoire des pays membres de l'UE dans l'attente de leur expulsion. "Les étrangers en situation irrégulière sur le territoire des Etats membres doivent quitter ce territoire. Chaque Etat s'engage à assurer l'application effective de ce principe dans le respect du droit et de la dignité des personnes concernées", stipule le Pacte européen pour l'immigration et l'asile défendu par le ministre français de l'Immigration Brice Hortefeux.