Il tue son gendre pour venger sa fille : 10 ans de prison

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Il tue son gendre pour venger sa fille : 10 ans de prison
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Jean Bastouill soupçonnait Jean-Charles Messmer, son ancien gendre, d'avoir assassiné sa fille en 2008.

"Donnez-moi une arme !", a-t-il lancé, en se précipitant sur un policier à côté de lui. Voilà comment a réagi vendredi Jean Bastouill à l'annonce du verdict qui le condamne à dix ans de prison. L'homme, âgé de 89 ans, a été reconnu coupable d'avoir tué son ancien gendre, qu'il tenait pour responsable de la mort brutale de sa fille deux ans auparavant. A l'annonce du verdict, la défense a indiqué immédiatement qu'elle allait faire appel.

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Le vieillard a été condamné à la peine la plus lourde réclamée par l'avocat général Bruno Albouy, qui avait requis "de 5 à 10 ans" contre lui. L'avocat général expliquait ce réquisitoire en estimant qu'il convenait de "tenir compte de la personnalité exemplaire de l'accusé (...) et de son âge", tout en considérant: "la préméditation ne fait aucun doute".

Jean Bastouill n'a cessé de réaffirmer pendant le procès qu'il avait acquis la certitude que Jean-Charles Messmer, médecin-légiste, avait tué sa fille, décédée d'un malaise brutal à son domicile le 15 août 2008. Il a reconnu avoir tiré plusieurs coups de fusil sur le Dr Messmer, le 20 juillet 2010 alors que cet homme de 63 ans prenait son petit-déjeuner sur la terrasse de sa villa proche de celle de l'accusé à Rivesaltes. Le vieil homme a cependant affirmé qu'il n'avait pas prémédité son geste.

Le procès, qui a duré cinq jours, a souvent tourné à la mise en cause de la victime. Des témoins ont ainsi laissé planer des doutes sur un possible empoisonnement de la fille de Jean Bastouill par son mari, au grand dam des avocats des parties civiles, la famille du docteur Messmer et la femme qui était devenue sa nouvelle compagne. Me Etienne Nicolau, défenseur de Jean Bastouill, avait demandé dans sa plaidoirie que la cour "ne juge pas les faits mais l'homme, qui n'est pas coupable". "Cinq ou dix ans de prison pour lui c'est pareil, c'est une peine à perpétuité, voire mortelle", a-t-il plaidé.